Le nouveau patron d'Airbus, Fabrice Brégier pourrait officialiser l’ouverture d’une usine du groupe en Alabama ce 2 juillet.
Cette arrivée serait "une grande nouvelle" pour l’avionneur européen, selon le coordinateur du gouvernement allemand pour l'aéronautique, Peter Hintze, dans un entretien au Financial Times Deutschland.
"Si la décision était prise de construire cette usine, ce serait un motif de satisfaction, assure-t-il. Ce serait une bonne décision car cela permettrait d'augmenter les chances de pénétrer le plus grand marché de l'aviation civile. C'est un véritable plus pour les Européens dans le cadre de la compétition avec Boeing".
Mais cette possible arrivée en mécontente plus d’un. A commencer par le principal concurrent d’Airbus, le groupe Boeing.
Le constructeur américain a critiqué dès vendredi dernier cette probable arrivée dans un communiqué. Il qualifie "d’intéressant de voir une fois de plus Airbus promettre de déplacer des emplois d'Europe vers les Etats-Unis. Mais quel que soit leur nombre, ces chiffres font pâle figure comparé aux milliers d'emplois américains détruits pas les aides illégales qu'Airbus et les gouvernements européens qui les émettent n'ont pas éliminées, en infraction avec la loi internationale sur le commerce". L'occasion pour Boeing de revenir sur le conflit qui les a opposés sur le contrat des ravitailleurs.
Les autres critiques sont venues elles de la part des syndicats d’Airbus qui se veulent prudents face à une telle annonce. Ils ont pressé le groupe d’apporter des garanties sur la production et l’emploi. Les syndicats soulignent que toute hausse de la production pour répondre à la demande ne doit pas se faire aux dépens d'une production qui en est à des niveaux record en Europe. "On reste vigilant, il faut voir si on ne va pas déshabiller l'Europe pour habiller les Etats-Unis, mais on attend les informations de la direction", a dit Gilbert Plo, délégué syndical central de la CFTC.
"Nous voulons des garanties qu'on ne touchera pas aux cadences en Europe, à Hambourg et Toulouse", a dit pour sa part Françoise Vallin, déléguée syndicale centrale de CFE-CGC Airbus. "Nous voulons aussi des garanties qu'il y aura davantage d'emplois en Europe concernant la production de pièces intermédaires".









