imprimer

La porcelaine de Limoges se raréfie sur nos tables

Par Morgane Remy - Publié le

A l'occasion des fêtes, L'Usine Nouvelle s'intéresse aux industriels qui réalisent les objets phares de la période de Noël. Aujourd'hui, les arts de la table avec la porcelaine de Limoges.

La porcelaine de Limoges sera sûrement sur la table du restaurant du réveillon. Si vous le fêtez à domicile, c’est moins certain. Très vendue auprès des professionnels, elle disparait des grandes tables familiales.

« Chaque année, nous sommes de moins en moins diffusés auprès des particuliers », explique Lionel Delaygue, gérant de Royal Limoges, une manufacture dans la capitale de la porcelaine créée en 1797. Une mauvaise nouvelle quand on sait que la période des fêtes de fin d’année représente 40% du chiffre d’affaires. 

Pour Lionel Delaygue, le besoin ne recule pas : « une belle soupière reste une valeur sûre mais nous n’avons pas de réseau de distribution ». Et pour cause, ce genre de produits se vendait principalement dans les commerces de proximité, en centre ville. Des boutiques qui ont fermée au profit des centres commerciaux.

La porcelaine se vendait très bien aussi dans les grands magasins. « Mais ce sont des financiers. Il n’y a pas de considération pour le "made in France". Nous sommes trop chers au mètre carré contrairement aux pacotilles chinoises », se plaint le gérant.

« Le coût de main d’œuvre est tellement plus cher qu’en Chine, on ne  peut pas faire face en terme de prix. Avant on compensait avec l’équipement mais ce n’est plus possible », regrette-t-il. Les machines outils pouvaient faire la différence mais, le secteur étant en perte vitesse, il y a un défaut d’offre de machine. « Il n’y a plus d’innovation en la matière depuis 25 ans », témoigne, Lionel Delaygue.

Heureusement, Royal Limoges vit sur sa notoriété à l’international. Près d’un tiers du chiffre d’affaires se fait à l’étranger et cette part augmente. « Ce qui est drôle c’est que les Américains associent Limoges à la porcelaine. La plupart ne savent pas forcément que c’est d’abord une ville », souligne Lionel Delaygue.  Sinon, en France, « une niche du haut de gamme et de l’excellence nous permet de continuer à vendre » malgré l’absence de diffusion.

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Jean-Baptiste Collin de Sussy

La sémantique de l'industrie

Ne dites plus industrie, mais redressement productif. C'est désormais le nom de ce ministère qui a vu le jour pour la...

Neri Oxman

L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman

L'architecte et designer Neri Oxman expose au Centre Georges Pompidou, à Paris, ses sculptures...

Guillaume Klossa

"Je suis fasciné par les technologies sans fil"

Guillaume Klossa, qui vient de publier un rapport sur l'impératif industriel, répond à notre...

Arnaud Montebourg

La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle

On le savait déjà. Ministre est un métier à plein temps. Arnaud...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter