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La politique industrielle dont la France a besoin selon la Fabrique de l’industrie

Cécile Maillard

Publié le

Dressant le bilan de son quinquennat, le think-tank La Fabrique de l’industrie (créée en octobre 2011) en a profité pour présenter les principaux points de ce que devrait être une bonne politique industrielle. Une manière de faire entendre sa voix dans la campagne présidentielle.

La politique industrielle dont la France a besoin selon la Fabrique de l’industrie
Louis Gallois
© Pascal Guittet

"Un quinquennat, ça attire l’œil… ", plaisante Louis Gallois, co-président de La Fabrique de l’industrie. Lancée en octobre 2011 pour "créer le débat sur l’industrie", selon les mots de l’industriel, la Fabrique n’a "pas trop mal rempli" son contrat, s’est-il réjoui mercredi 23 novembre, au cours d’un bilan du premier quinquennat du think tank.

Exemple : le débat sur le ciblage des allègements de charges sur les salaires, que la Fabrique estime avoir "animé". Si Louis Gallois se réjouit des allègements qui ont touché les bas salaires, il regrette qu’ils n’aient pas été étendus aux salaires intermédiaires. "Le compromis de 1945, qui consistait à faire payer au travail le financement de la protection sociale, n’était plus valable, on allait tuer le travail ! Cela revient aujourd'hui à la solidarité nationale." Avec la montée des qualifications et donc des salaires dans l’industrie, la Fabrique, dans la logique du rapport Gallois, préconise d’élargir ces allègements de charges aux salaires plus élevés. La question reste présente dans le débat public, les deux finalistes de la primaire de la droite et du centre ayant sur le sujet des avis divergents.

Relancer l'investissement industriel

Denis Ranque, le deuxième co-président de la Fabrique, s’est réjoui que l’idée d’une France sans industrie ait reculé. "Aujourd’hui, le sujet n’est plus pourquoi défendre l’industrie française, mais comment." Il s’inquiète cependant de l’émergence d’un thème : "la tentation de repli sur soi et du protectionnisme, qui s’est manifestée avec le Brexit, l’élection de Trump et, en France, dans les idées des extrêmes ; un danger pour notre économie et nos entreprises".

Louis Gallois a précisé ce que devrait être, selon lui, la politique industrielle dont "nous avons besoin". Pas vraiment des propositions pour la campagne présidentielle, mais ça en a tout l’air. Il voit deux impératifs : moderniser l’appareil productif français et monter en gamme, par l’innovation. Pour y parvenir, première priorité : relancer l’investissement industriel, qui a certes très bien repris début 2016, mais s’est tassé dans la deuxième moitié de l’année. Pour investir, il faut des moyens. "Les marges se sont redressées, mais l’effort est à poursuivre." Pour investir, il faut aussi avoir confiance dans l’avenir. Louis Gallois réclame donc une plus grande stabilité de l’environnement réglementaire, fiscal, social. Et appelle à une prolongation au delà de 2017 de la mesure de sur-amortissement, qui a encouragé les entreprises à investir.

Investir sur la formation

Deuxième priorité d’une bonne politique industrielle, selon les présidents de la Fabrique : la formation professionnelle, dans un contexte de mutation vers l'industrie du futur. Avec trois objectifs : faciliter la mobilité des salariés, donc leur employabilité ; élever le niveau de qualification ; former tout le monde au numérique. "De gros efforts de formation sont fournis, note Louis Gallois, mais ils sont encore en-dessous des besoins. Une initiative publique comme la grande école du numérique doit aller plus vite."

La Fabrique a récemment publié des travaux sur l’impact du numérique sur l’emploi, sur les emplois exposés ou abrités, ou sur la qualité de vie au travail comme levier de compétitivité. Une façon de partager avec les industriels, mais aussi avec les hommes politiques, ses réflextions sur les mutations en cours dans l’industrie. "La question de la compétitivité est aujourd’hui reprise par tout l’échiquier politique, se réjouit Louis Gallois. C’est bien de parler de l’entreprise, mais je souhaite qu’on parle plus d’industrie. Personne, dans cette campagne, n’a encore de véritable discours sur l’industrie." Ca va peut-être venir…

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