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La politique européenne d'Angela Merkel attaquée de toutes parts

Publié le

par Noah Barkin et Paul Carrel

FRANCFORT (Reuters) - La chancelière Angela Merkel a été vivement critiquée lundi pour la politique qu'elle mène concernant la zone euro, s'attirant notamment les foudres de la Bundesbank.

Le propre camp politique de la chancelière est de plus en plus embarrassé par sa ferme opposition à la création d'euro-obligations, alors que plusieurs pays européens et les marchés financiers multiplient les appels à créer ces emprunts communs à toute la zone euro.

Angela Merkel doit assister mardi soir à une réunion des parlementaires de son parti, l'Union chrétienne démocrate (CDU), et de ceux de la formation jumelle bavaroise, l'Union chrétienne sociale (CSU).

Les dirigeants de la CDU ont prévu de choisir comme thème central du congrès du parti, début novembre, la politique gouvernementale de la zone euro. L'événement devait à l'origine être consacré au sujet de l'éducation.

Alors qu'en Europe on accuse Angela Merkel de ne pas s'impliquer suffisamment dans le sauvetage de la zone euro, on lui reproche en Allemagne d'être allée trop loin dans les concessions.

"AUCUN LEADERSHIP"

Dans tous les cas, aussi bien ses partenaires à l'étranger que ses alliés en Allemagne jugent désormais sa politique maladroite.

"La politique semble être bâtie au jour le jour. Elle n'est plus que réactive, au lieu d'être proactive. Il n'y a aucun leadership de la part de Merkel, c'est là le coeur du problème", a ainsi déclaré à Reuters Josef Joffe, éditorialiste de l'hebdomadaire Die Zeit.

Lundi, la Bundesbank s'en est pris à la gestion européenne - et par extension allemande - de la crise de la dette, en estimant que les gouvernements européens risquent de faire de la zone euro une "union des transferts" dans laquelle l'Allemagne paierait pour les erreurs des autres pays.

Lors du sommet de la zone euro du 21 juillet, Angela Merkel et les 16 autres dirigeants ont adopté une série de mesures destinées à combattre la crise de la dette.

Ces mesures, qui comprennent notamment un deuxième plan d'aide pour la Grèce et une extension des pouvoirs du Fonds européen de stabilité financière (FESF), doivent désormais être approuvées par les parlements nationaux.

"Les derniers accords représentent un nouveau pas vers un partage des responsabilités et une réduction de la discipline par l'intermédiaire des marchés de capitaux", a déploré la Bundesbank, dont le président, Jens Weidmann, est un ancien conseiller économique d'Angela Merkel.

Un parlementaire CDU de premier plan, Wolfgang Bosbach, a prévenu dimanche qu'il ne voterait pas la réforme du FESF lorsque le texte serait soumis au Bundestag le mois prochain.

Si les mesures devraient malgré tout être adoptées sans encombre, notamment grâce au soutien de l'opposition allemande, le geste de défi de Wolfgang Bosbach est un avertissement adressé à la chancelière que sa politique ne convainc plus son propre camp.

Gregory Schwartz pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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