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LA PLACE DE HONGKONG RENFORCÉE

Par PAR ANNE-SOPHIE BELLAICHE, ENVOYÉE SPÉCIALE À HONGKONG - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3267

Avec son système financier bien régulé, sa proximité géographique avec Pékin et son afflux de liquidités, l'ancien comptoir britannique est devenu le hub financier de l'Asie. L'internationalisation du renminbi la consolide.

Avec ses 416 mètres de hauteur et ses 88 étages, il domine la baie : l'International finance centre numéro 2 est le deuxième plus haut bâtiment de la ville. Il accueille l'autorité monétaire de Hongkong et de nombreuses banques. Au 67e étage, la baie vitrée de l'accueil de BNP Paribas dévoile une vue à couper le souffle. Les infrastructures portuaires semblent minuscules et les nombreux bateaux qui croisent vers le delta de la rivière des perles ressemblent à des maquettes. Le ballet qui s'opère en bas n'est pas sans lien avec les activités qui se nouent dans les hauteurs de cette tour, comme dans celles de la Bank of China, de HSBC ou de la Chartered Standard. La finance à Hongkong se développe sur les échanges physiques qui ont lieu entre la région spéciale et le reste de l'Asie, en particulier la Chine continentale.

« One country, two systems » (« un pays, deux systèmes »), c'est le credo de la municipalité depuis que les Anglais ont rendu ce petit territoire à la Chine en 1997. La zone dépend de Pékin pour la défense et la politique étrangère, mais elle dispose de son système juridique hérité de la « commun law » anglaise. Elle frappe sa monnaie (le dollar hongkongais), assure la régulation de son système financier et déploie une fiscalité très attractive (l'impôt sur les sociétés y est de 16,5 %). Les compagnies occidentales se sont tout de suite senties à l'aise avec ce projet et les chinoises l'ont élu pour leur expansion à l'international. De hub portuaire, la ville est devenue un hub financier. « Aujourd'hui 50 % des investissements des sociétés chinoises à l'étranger passe par Hongkong et la part est la même dans le sens inverse pour les sociétés occidentales qui investissent en Chine », affirme l'avocat français Éric-Jean Thomas, qui reçoit au restaurant de son club privé à côté d'une réunion de riches hongkongaises essayant des rivières de diamant proposées par une marque occidentale.

En mars 2011, la position de cette place financière s'est renforcée. Le douzième plan quinquennal du gouvernement central de Pékin a acté qu'elle serait le centre de développement du renminbi offshore. C'est la seule qui possède une chambre de compensation à laquelle 170 banques ont accès. En 2009, le programme pilote n'autorisait que 365 entreprises de Chine continentale à effectuer des transactions dans cette monnaie. Un an plus tard, elles étaient 67 700. De nouvelles règles ont simplifié les procédures opérationnelles pour les banques locales. « Nos bureaux offrent désormais des services en renminbis à plus de 21 pays », témoigne Paul Yang, le directeur général de BNP Paribas Hongkong. Deux autres villes sont en embuscade pour proposer du renminbi offshore : Singapour et Londres. Mais Pékin ne semble pas pressé.

Leader pour les introductions

La Bourse de Hongkong pèse déjà lourd et les liquidités y affluent. En 2009 et 2010, elle est devenue la première place mondiale pour les introductions. Dans son hall, elle affiche des objets précieux offerts à cette occasion comme ce superbe dragon en jade fêtant l'introduction du papetier chinois Nine Dragons. Les entreprises occidentales ont pris le virage. Glencore, la société minière suisse, Prada l'italien, Samsonite, l'américain et, cette année, l'Occitane ont rejoint les rangs des sociétés cotées à Hongkong. « C'est une opération financière et marketing, témoigne André J. Offman, président Asie de l'Occitane, nous avons gagné une énorme visibilité auprès de nos consommateurs ici et sur le continent. » Au-delà de sa finance, Hongkong est une gigantesque galerie commerciale.

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