La physique expérimentale prend ses quartiers en Gironde
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Le Commissariat à l’Energie Atomique et la Région Aquitaine s’engagent dans la réalisation de PETAL : un équipement couplant deux lasers, Petal et Mégajoule, afin de créer des champs magnétiques hors du commun. Objectif : mieux appréhender le fonctionnement des objets célestes, réaliser des recherches sur la fusion nucléaire, ou des recherches médicales.
Daniel Verwaerde, directeur des applications militaires du CEA, le Commissariat à l’Energie Atomique, et Alain Rousset, le président de la Région Aquitaine, ont signé en fin de matinée à Bordeaux un accord pour la réalisation d’un équipement scientifique baptisé Petal (Petawatt Aquitaine Laser). De quoi s’agit-il ? De réaliser une chaine laser multi- petawwatt (à impulsions ultra-brèves de quelques picosecondes) qui sera couplée au LMJ, le laser Mégajoule actuellement en construction au CEA Cesta, au Barp en Gironde, qui va recréer en laboratoire les conditions thermodynamiques semblables à celles rencontrées lors du fonctionnement d’une arme.
L’équipement de physique expérimentale issu du couplage de ces deux lasers, Petal et Mégajoule, va permettre de créer des champs magnétiques hors du commun et de mieux appréhender la physique de l’extrême, de mieux connaître aussi les mécanismes liées au fonctionnement des objets célestes, de réaliser des recherches sur la fusion par confinement inertiel, et de mener des recherches médicales. « J’ai convaincu les militaires de coupler ce laser dédié au civil avec le Mégajoule en les incitant à ne pas avoir d’appréhension » a répété Daniel Verwaerde.
De son coté Alain Rousset, a indiqué qu’il s’agissait là d’un « pari » lancé avec le CEA autour de l’optique et du laser, » à l’image de ce qui a été fait à Grenoble dans l’électronique ». Le projet Petal dont l’Aquitaine assure la maitrise d’ouvrage est évalué à 54,3M€ dont 22 M€ injectés par la Région. Le Feder devrait intervenir intervient à hauteur de 10M€. Idem pour l’Etat. Le CEA-Cesta qui assure la maitrise d’œuvre déléguée a « prêté des bras « selon l’expression de Daniel Verwaerde. Une vingtaine de salariés, ingénieurs et scientifiques, est affecté au projet, qui devrait être opérationnel en 2015. Une première phase a permis de valider les options techniques. Reste qu’il n’y a pas de temps à perdre.
La compétition mondiale démarre. Les japonais, les américains sont sur le coup. Quant au projet européen Hiper, censé démontrer la faisabilité de la fusion par laser comme future source d’énergie, il est au stade embryonnaire. Du coup l’Aquitaine se met sur les rangs : « La seule plate forme ou le concept d’Hiper peut être testé c’est en Aquitaine » a lancé le directeur des applications militaires du CEA.
Colette Goinere

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