La nouvelle voix des PME auprès des distributeurs
Par Patrick Déniel - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3190Patron de Meralliance, Gilles Charpentier, succède à Alain Rouleau à la tête de la Feef, une fédération regroupant des entreprises, fournisseurs du grand commerce.
De ses bureaux de la rue du Faubourg Saint-Honoré, offrant une vue plongeante sur l'Elysée, Gilles Charpentier achève une journée de lobbying au service de la Fédération des entreprises et des entrepreneurs de France (Feef). A la différence du locataire d'en face, le nouveau président de ce club, fondé par le roi du poulet Gérard Bourgoin en 1995, n'a pas vocation à décider de tout. Le groupement réunit quelque 600 PME, des fournisseurs de la grande distribution. « Je parle d'ailleurs plus volontiers de cooptation que d'élection ! », affiche ce patron de 57 ans. Le choix de Gilles Charpentier n'est pas le fruit du hasard, car sa réussite d'entrepreneur repose sur un partenariat efficace avec la grande distribution. Il dirige Meralliance, une jolie PME finistérienne de 80 millions d'euros de chiffre d'affaires, reprise au fabricant de surgelés Ortiz. D'abord homme de marketing (il s'est occupé de marques prestigieuses comme Yoplait, Vivagel et Miko) et de publicité, formé à l'ESC Rouen, il s'est mué en industriel en 1993. « Je suis fils d'agriculteur, une profession indépendante. L'entrepreneuriat, c'était latent chez moi », confesse le PDG, qui a su rapidement s'imposer sur le marché ultrabataillé du saumon fumé, en jouant la carte de spécialiste de la marque de distributeur (MDD). A ce titre, le successeur d'Alain Rouleau (Rouleau-Guichard Textile) est un homme au caractère bien trempé... qui sait se faire entendre des distributeurs.
Dans un contexte difficile (crise économique, loi de modernisation de l'économie...), la Feef joue le rôle de « facilitateur du business et de relations harmonieuses avec les enseignes qui réalisent près de 55 % de leur chiffre d'affaires avec des produits de PME », précise Gilles Charpentier. A la tête de ce club, il préfère mettre de l'huile dans les rouages, plutôt que de la jeter sur le feu... Comme en témoigne le partenariat de trois ans passé il y a quelques semaines avec les principales enseignes françaises, pour renforcer le poids des PME dans leurs achats.
A l'instar de la démarche engagée chez Meralliance (lire « L'Usine Nouvelle » n° 3174), Gilles Charpentier veut convertir ses adhérents au développement durable. Il imagine d'ailleurs que leur visibilité pourra se renforcer dans les rayons des distributeurs par un logo PME apposé sur les produits. Promoteur de la TVA sociale, ce père de deux enfants se voit aussi un rôle de lobbying auprès des pouvoirs publics, pour dénoncer les poches de concurrence déloyale en Europe. Passionné de vélo, « pour l'effort », et de sports mécaniques, « pour la vitesse et l'adrénaline », Gilles Charpentier entend faire passer la Feef à la vitesse supérieure en dépassant la barre du millier d'adhérents.

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