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La Nasa utilise les lunettes 3D pour guider Curiosity sur Mars

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lunettes Nvidia
© Nvidia

L'agence spatiale américaine utilise des lunettes 3D de Nvidia, développées initialement pour les jeux vidéo, afin de simuler les mouvements de Curiosity sur Mars. Ce système leur permet de mieux visualiser les reliefs du terrain et ainsi de programmer plus facilement les déplacements quotidiens du robot, une opération jugée très délicate.

Les technologies développées pour les jeux vidéo, peuvent parfois trouver des débouchés inattendus dans l'industrie aérospatiale. C'est le cas des lunettes 3D Vision de Nvidia, aujourd'hui utilisées par la Nasa pour diriger le robot Curiosity qui explore la planète Mars depuis le 6 août dernier.

Cet accessoire a été développé initialement pour proposer aux joueurs sur PC une immersion totale dans les jeux 3D de tirs ou de combat aériens. La Nasa en a trouvé un nouvel usage. L'accessoire permet aux 14 "conducteurs" de Curiosity de mieux visualiser le terrain sur lequel le robot va se déplacer et ainsi d'en déduire ses déplacements. Curiosity n'est en effet pas manœuvré en temps réel. "Il faut de 10 à 20 minutes pour qu'un signal arrive sur Mars", explique à nos confrères de Gizmodo, Brian Cooper responsable du guidage de Cursiosity. "Si notre robot approche d'un ravin, le temps que vous lui disiez "stop", il est déjà trop tard. Nous planifions donc à l'avance toutes les séquences de déplacements de chaque journée".

Afin de planifier ces séquences, la Nasa a développé un logiciel complet de simulation baptisé RSVP (Robot Sequencing and Visualization Program). Il extrapole les images stéréoscopiques capturées par Curiosity pour reconstruire virtuellement, et en 3D, le terrain entourant du robot. Les équipes de Brian Cooper explorent ensuite cet espace grâce aux lunettes stéréoscopiques de Nvidia en manœuvrant le clone virtuel de Curiosity. Leur but est de trouver le meilleu parcours, c’est-à-dire celui permettant d'atteindre les objectifs de la mission, en prenant le minimum de risques durant les déplacements.

Se déplacer est en effet l'activité la plus dangereuse de Curiosity, plus que d'effectuer des analyses de terrain ou de prendre des clichés. Chaque mouvement est donc traité avec la plus grande précaution, explique Brian Cooper. Sur une journée classique, la Nasa va ainsi programmer une quarantaine de mètres de déplacements. Dans une moindre mesure, la 3D sert aussi à tester les mouvements compliqués du bras robotisé, notamment pour le forage et la récupération des échantillons de sol. 

Une perception plus réaliste du terrain

La Nasa expérimente depuis plus d'une décennie les solutions 3D pour guider ses robots. Mais jusqu'alors, l'agence spatiale devait réduire la qualité d'image et notamment le nombre de polygones 3D affichés par ses simulateurs. Dans le cas le Curiosity, la technologie a suffisamment évolué pour que "l'agence spatiale n'ait plus à faire ce type de compromis", explique Nvidia sur son blog.

"Avec un simple PC équipé d'un processeur graphique NVIDIA Quadro 5000 et des lunettes 3D Vision les équipes de la Nasa bénéficient d'un rendu réaliste du sol de Mars et des reliefs du cratère Gale, première étape de l'exploration de Curiosity (…) Ce dispositif leur permettra d'atteindre leurs objectifs scientifiques plus rapidement", conclut le fabricant américain de composants graphiques. 

La première version des lunettes 3D Vision a été mise sur le marché en 2009. Une version plus évoluée, baptisée 3D Vision 2, est disponible depuis fin 2011. Le fabricant américain indique avoir écoulé son accessoire 3D à plus de 500 000 unités dans le monde.

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