Usine Nouvelle

S’inscrire à la newsletter
Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Quotidien des Usines

La métallurgie du futur arrive en Normandie

, ,

Publié le

Après avoir acheté une start-up suédoise puis un fabricant de machines adiabatiques, Metalvalue SAS, start-up industrielle créée en 2015, investit 50 millions d’euros dans une usine de production de poudre métallique à Pîtres dans l’Eure, Metalvalue Powder. Elle s’implante juste à côté du métallurgiste Manoir Industries qui sera son fournisseur d’acier liquide et investira 25 millions d’euros dans le projet.

La métallurgie du futur arrive en Normandie © Metalvalue

Metalvalue SAS, start-up créée en 2015 à Paris, a présenté mercredi 21 décembre à Rouen (Seine-Maritime) son projet d’implantation d’usine de fabrication de poudre métallique à Pîtres (Eure). Le projet représente un investissement global de 75 millions d’euros.

La nouvelle usine, qui devrait entrer en production en octobre 2018, sera implantée à côté du site de Manoir Industries de Pîtres (400 salariés) qui fabrique des pièces métalliques moulées et forgées (pour le nucléaire, la pétrochimie …). Ce site qui possède une fonderie - tournant à 20% de sa capacité aujourd’hui - sera conforté par Metalvalue Powder car il le fournira en acier liquide dans le cadre d’un partenariat.

"Nous avons décidé de passer au stade industriel après avoir racheté en 2015 la start-up suédoise Bofors Bruk inventeur de cette technologie, qui permet de réaliser, à partir de poudre métallique atomisée au gaz, des pièces métalliques de taille intermédiaire ayant les propriétés des pièces forgées" a expliqué Alain Honnart, président de Metalvalue SAS, ex directeur général de Vallourec. Il était entouré d’Hervé Morin, président de la Région Normandie qui a joué les facilitateurs pour cette implantation industrielle ; la collectivité est également entrée au capital de Metalvalue Powder via le fonds "Normandie Participations".

La métallurgie des poudres

Après avoir racheté la start-up Bofors Bruk et ses brevets, le groupe Metalvalue SAS - qui fonctionne "en mode start-up" si l’on en croit son président - a pris le contrôle en septembre 2016 du groupe Meyer (Saint-Etienne, Loire) qui fabrique des machines dites "adiabatiques" ; ces dernières réalisent des pièces métalliques à partir de cette poudre.

"Nous sommes au cœur d’une véritable révolution dans la métallurgie" a déclaré Alain Honnard en présentant la future usine.

En quoi est-ce une révolution ? Tout d’abord parce que les pièces métalliques ainsi produites nécessitent beaucoup moins de métal que celles obtenues par les procédés traditionnels. "En mode traditionnel, il faut 3,4 kg de métal en fusion pour obtenir 1 kg de pièces métalliques ; avec ce nouveau procédé, il faut 1,2 kg de métal pour obtenir 1 kg de pièces".

Enfin, en permettant une mise en œuvre à froid, la métallurgie dite "des poudres" est plus économie en énergie que la métallurgie conventionnelle. Elle rend aussi possible les mélanges de nature différente, ce que l’on ne peut faire avec des métaux en fusion. "Cela ouvre des perspectives énormes" note Alain Honnart ; on pense notamment à l’innovation dans les métaux moins lourds et plus résistants et dans les matériaux du futur dont les bi-métaux. Pour développer de nouveaux matériaux, Metalvalue projette d’installer un centre de recherche à Saclay (Essonne) et travailler en collaboration avec les structures existantes ; il a déjà signé un accord de coopération avec le spécialiste américain de la modélisation Questek.

Interrogé sur les raisons qui le conduisent à implanter une usine de poudre métallique en France - et non par exemple en Chine - Alain Honnart explique que Metalvalue Powder sera en mesure de produire en France à bas prix de revient du fait notamment du "faible prix de l’électricité en France" ; il assure pouvoir "ramener le prix de la poudre de métal au niveau de celui des barres métalliques et permettre son utilisation généralisée comme matière première". L’industriel estime par ailleurs, que son intérêt est de produire près de ses clients c'est-à-dire en Europe.

La plus grosse usine du secteur dans le monde

Metalvalue SAS (la société qui regroupe la start-up suédoise Bofors Bruk, l’industriel Meyer à Saint-Etienne et le siège social à Paris) estime avoir un coup d’avance dans cette nouvelle technologie. Elle a l’ambition de produire 40 000 tonnes de poudre d’acier par an, ce qui représente l’ensemble des capacités de poudre atomisée au gaz actuellement disponibles dans le monde. Elle pense multiplier par dix son chiffre d’affaires (10 millions d’euros en 2016 avec une centaine de salariés) en l’espace de 5 ans.

Metalvalue SAS investit 50 millions d’euros dans ce qu’elle présente comme "la plus grosse usine au monde dans ce domaine". De son côté, Manoir Industries investira 25 millions d’euros en 2018 dans le projet. A terme, l’usine Metalvalue Powder de Pîtres devrait employer 60 salariés ; Manoir Industries devrait, quant à lui, renforcer l’effectif de sa fonderie avec une cinquantaine de salariés supplémentaires.

Metalvalue SAS envisage par ailleurs de construire elle-même des pièces métalliques dans une usine dont la localisation est encore à l’étude. En parallèle, elle envisage de céder sa licence de fabrication à une dizaine d’industriels dans le monde.

Claire Garnier

Réagir à cet article

Retrouvez l’actualité des sociétés citées dans cet article

Investissements, dirigeants, production, ...

avec Industrie Explorer

Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus