"La mécanique créera environ 40000 emplois par an d’ici à 2020"
Par Mirel Scherer - Publié le
La Fédération des industries mécaniques organise, le 10 octobre prochain à la Maison de la mécanique, à Paris, le colloque "Choisir la mécanique : des métiers d'avenir". Un rendez-vous pour séduire les jeunes et casser quelques idées reçues. Précisions avec Yves Fiorda, vice-président de la Fédération des industries mécaniques (FIM), chargé de la formation et de la régionalisation.
L'Usine Nouvelle.- Quelles sont les raisons qui vous ont déterminé à organiser ce colloque ?
Yves Fiorda - Il ne faut pas oublier que la mécanique est le premier employeur industriel en France avec plus de 620 000 salariés et qu'elle continuera à embaucher. Pour les jeunes, l'enjeu est de taille, car les industries métallurgiques leur proposeront de nombreux débouchés. La mécanique créera environ 40 000 emplois par an d'ici à 2020. Tous les talents seront nécessaires pour innover, exporter, produire, commercialiserdans cette industrie qui marie les technologies mécaniques, électroniques et informatiques. C'est donc dans cet esprit que la FIM, en partenariat avec l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) et l'Office national d'information sur les enseignements et les professions (ONISEP), organise ce colloque.
La mécanique souffre surtout, d'un déficit d'image…
C'est indéniable. Elle a, au mieux, une image négative auprès des jeunes et de leurs parents. Quand ces derniers n'ignorent pas complètement ces métiers. La raison est simple. Ils ont, à tort, l'image affligeante d'usines sales et bruyantes d'un autre âge. Or, les choses ont évolué. La plupart des usines sont aujourd'hui propres et peu bruyantes. Les jeunes ignorent qu'aucun des objets ou produits qu'ils utilisent ou consomment tous les jours ne pourrait être fabriqués sans les équipements et les technologies mécaniques. Avions, TGV, téléphones mobiles, aliments, cosmétiques, éoliennes… les exemples foisonnent. Nous organisons une table ronde lors de ce colloque pour étudier avec l'Onisep comment mieux faire connaître nos métiers d'avenir.
Que faire pour valoriser ces métiers auprès des jeunes ?
Le colloque ne fera pas simplement un état de lieux de la situation, mais il cherchera les solutions pour améliorer la relation entre l'école et l'entreprise. Il faut réussir à donner, comme en Allemagne, des lettres de noblesse à ces métiers. Outre-Rhin, pour les jeunes et leurs parents, les techniciens et les ingénieurs ont le même degré d'estime qu'un architecte, un médecin ou un professeur. Les participants au colloque pourront le constater grâce à l'interview vidéo d'une DRH allemande.
Que se passera-t-il après ce colloque ?
Notre volonté c'est d'assurer une démarche continue. Au-delà des nombreuses actions menées par les syndicats professionnels de la FIM, comme les trophées "J'aime mon métier" proposés par Axema, le syndicat du machinisme agricole, le bus "découverte" du Cisma, autour des professions de la manutention, ou encore les rencontres du Symop sur les technologies de production, nous avons besoin de travailler davantage avec le monde éducatif. Ce colloque est donc une prise de contact. En nous connaissant mieux, nous pourrons organiser d'autres actions avec le monde éducatif et formaliser cette relation au travers d'un accord entre la Fédération et l'Education Nationale.
L'UIMM lance une campagne à la télévision sur M6 et W9 pour populariser pendant trois ans les métiers de la mécanique. Des films montreront des jeunes en activité dans les entreprises. Le 26 octobre 2011 auront lieu à Lyon les Assises nationales de la sous-traitance. Encore une occasion pour débattre de ce sujet...

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