La maison Castelbajac repris par le groupe sud-coréen EXR
Publié lepar Pascale Denis
PARIS (Reuters) - Le couturier Jean-Charles de Castelbajac a annoncé mardi la reprise de la société de prêt-à-porter par le groupe sud-coréen EXR, déjà fabriquant sous licence pour la marque en Corée.
Placée en redressement judiciaire au printemps après le retrait de son propriétaire, le fonds de pension suédois The Sixth National Swedish Pension Fund, la griffe était depuis lors à la recherche d'un investisseur.
"Après des discussions avancées avec plusieurs groupes français et internationaux, c'est le projet du groupe sud-coréen EXR qui a retenu l'attention du créateur pour la pertinence de sa vision, son expérience sur les marchés mondiaux, et notamment asiatiques, et par l'ampleur des moyens humains, techniques et financiers engagés", a fait savoir l'avocat du couturier, Guilhem Bremond.
Le montant de l'investissement d'EXR n'a pas été dévoilé.
De source proche du dossier, on indique qu'il s'élève à trois millions d'euros environ.
Pour sa part, le groupe EXR a affirmé qu'il assurerait "la pérennité et le développement" de l'entreprise tout en en conservant la spécificité et la créativité.
Parmi les acquéreurs potentiels, les frères Falic, propriétaires de Christian Lacroix, l'homme d'affaires Dominique Bergin, président de Look International, et le conglomérat chinois Li&Fung ont étudié le dossier.
Cette acquisition, qui intervient quelques semaines après celle des parfums Annick Goutal par le sud-coréen Amore Pacific, vient confirmer l'intérêt des groupes asiatiques pour les marques de luxe françaises.
D'autres noms du luxe européen sont déjà passé sous pavillon chinois, comme le couturier Cerruti et le chausseur Robert Clergerie.
PERTE DE 2,0 MILLIONS D'EUROS
Le fonds de pension suédois, peu rodé au monde de la mode, avait hérité de cette participation dans Castelbajac lors de la faillite du britannique Marchpole en 2009, dont il était actionnaire. Il s'était lancé dans un coûteux programme de développement d'un réseau de distribution en propre. Après avoir investi une dizaine de millions d'euros dans l'entreprise, il a décidé de jeter l'éponge.
La marque, qui fabrique toutes ses collections sous licence, a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires d'environ 4,0 millions d'euros et accusé une perte de près de 2,0 millions.
La maison de prêt-à-porter, fondée en 1978 par le styliste du même nom, s'est rendue célèbre par ses collections fantasques et inclassables.
Ses clins d'oeil pop, ses modèles arborant des motifs de dessins animés ou ses hommages aux peintres comme Man Ray en ont fait une signature atypique dans le paysage de la mode.
Le modèle des licences sera conservé, son personnel aussi, avec un bureau de style toujours contrôlé par Jean-Charles de Castelbajac.
Jean-Charles de Castelbajac présentera sa collection printemps-été 2012 le 4 octobre lors des défilés parisiens.
Edité par Dominique Rodriguez
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