L’A400M a été couteux à l’achat : 130 millions d’euros l’unité du fait notamment des 10% de surcouts liés aux difficultés du programme. Hélas pour les finances publiques, il risque de l’être aussi à la maintenance.
Les sénateurs tirent la sonnette d’alarme. Dans leur dernier rapport sur l’avion militaire d’Airbus l’A400M, s’ils reconnaissent les performances uniques de cet appareil, ils n’en critiquent pas moins l’absence de mutualisation dans le domaine de la maintenance de la part des pays acheteurs (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Luxembourg, Royaume-Uni, Turquie).
Or selon Bertrand Auban, Jacques Gautier, et Daniel Reiner, membres de la commission des affaires étrangères de la défense du Sénat et auteurs du rapport, il s’agit d’un aspect critique sur le plan financier. "Les deux tiers des économies à attendre d’un programme européen de cette ampleur résident dans la capacité des Etats à mutualiser le soutien et le stocks de pièces de rechange". Les Etats ne s’orientent toutefois pas vers une telle solution.
Selon le rapport, les Allemands, accusés de faire cavalier seul dans ce domaine, seraient notamment réticents au partage de pièces de rechange alors que les Français y sont très favorables, y voyant un axe fort de réduction des coûts. La raison des Allemands: utilisateurs moins intensifs de l’appareil que d’autres nations, ils ne voient pas pourquoi ils récupéreraient un matériel usé par d’autres qui volent beaucoup plus.
Un constat regrettable quand on connait l’état dégradé des finances publiques des états européens et les coupes budgétaires qui s’annoncent.









