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L'Usine de l'Energie

La lutte contre l’obsolescence programmée est en marche

Olivier Cognasse

Publié le

Lutter contre l’obsolescence programmée, c'est nécessaire, selon une étude de la  Fabrique écologique. Reste u n parcours semé d’embûches et de lobbies puissants.

La lutte contre l’obsolescence programmée est en marche
DEEE
© Paprec

"Nous ne sommes qu’au début de la lutte contre l’obsolescence programmée. Que faire concrètement pour faire avancer le sujet ?" s’interroge Géraud Guibert, président de la Fabrique écologique, une fondation qui réfléchit et élabore des propositions sur l’écologie et le développement durable et qui réunit des experts de toutes sensibilités politiques et d’horizons divers. Elle vient de présenter la note intitulée : "Comment agir vraiment contre l’obsolescence programmée ? Aller vers une consommation plus soutenable."

Des travaux menés par Thierry Libaert, conseiller au Comité économique et social européen, qui avait rédigé le premier texte européen sur le sujet. Et trois recommandations principales sont proposées : garantir la réparabilité des produits par une application plus stricte et quelques modifications de la loi consommation du 17 mars 2014 (Loi Hamon) ; intégrer dans les prix des produits des critères favorables à l’intensité d’usage et à la durée de vie ; affichage pour le consommateur des informations relatives à la durée de vie du produit.

"L’obsolescence programmée existe depuis très longtemps (depuis les années 1920, Ndlr). C’est un sabotage organisé et avant tout un problème de déchets, sans parler des aspects sociaux et sociétaux." Et de citer les conséquences sur l’emploi. Seuls 44% des produits électriques et électroniques, qui tombent en panne, sont réparés (20% pour les produits hors garantie). Sans parler des inégalités sociales. "Les catégories les plus défavorisées souffrent le plus de l’obsolescence programmée. Ils achètent des produits d’entrée de gamme qui durent moins longtemps que les autres. Ils s’endettent pour en racheter un", rappelle Thierry Libaert. Une injustice, à laquelle il faut ajouter les problèmes de santé publique liés aux décharges, notamment dans les pays en voie de développement. A titre d'exemple, l’Europe produit 10 millions de tonnes de DEEE en Europe par an.

Analyser l’empreinte environnementale globale

Les avancées sont difficiles. "Le poids des lobbies auprès des cabinets ministériels est puissant. Ils publient leurs études et comme il y a peu de chose en face... Difficile de faire contrepoids avec une contre-expertise", regrette-t-on à la Fabrique écologique. Les auteurs de cette note qui se sont gardés de toute approche anti-industrielle ont rencontrés un certain nombre de refus, à commencer par Apple et Samsung, pourtant régulièrement cités dans les cas d’obsolescence programmée.

Mais l’obsolescence programmée, "ce n’est pas forcément un mal en soi. Il faut analyser le cycle de vie et l’empreinte environnementale globale. Pour un réfrigérateur, qui est un produit facile à fabriquer et à recycler, la forte baisse de la consommation enregistrée ces dernières années, incite à en changer souvent."

Reste que les exemples ne sont pas si nombreux. La lutte contre ce fléau passe par la normalisation et la commande publique, qui représente 17% des achats en Europe, a un rôle important à jouer. L’arrivée de l’imprimante 3D doit aider à la réparation. Et contrairement au discours de certains lobbies, le consommateur est sensible à l’affichage sur la durée de vie des produits. 92% des consommateurs français le demandent. Mais il existe aussi l’obsolescence psychologique, "un problème aussi important lié au mode de vie et à la publicité", prévient le conseiller au Comité économique et social européen.

Certains industriels ont déjà pris les devants comme Sony qui annonce des batteries pour téléphones qui se changent sans problème. SEB qui garantit pendant 10 ans d’avoir les pièces détachées disponibles et propose des produits réparables. Malongo et sa cafetière à capsules qui détecte les pannes... "Le mouvement est plutôt positif. Il faut aussi penser d’autres modes de consommation, comme celle du partage. En moyenne on utilise sa perceuse que 20 minutes par an." La facture à l’usage reste quant à elle pour l’instant limitée aux pneumatiques (Michelin) et aux imprimantes (Xerox). Thierry Libaert, qui fut le premier à amener le sujet sur la scène européenne, défend l’idée d’un « Made in Europe » avec des produits solides et réparables. Et de rappeler qu’en termes d’emploi, la réparation n’est pas délocalisable.

Olivier Cognasse

 

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