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La lettre du social et du management du 4 au 10 novembre 2011

Publié le

Les syndicats fourbissent leur riposte contre le plan d’austérité
C’est avec une hostilité certaine que les organisations syndicales ont accueillis le plan d’austérité du gouvernement. L’accélération de la réforme des retraites a servi de chiffon rouge. Selon la CFDT "déjà injuste, elle rapporte peu, inquiète les salariés et ne sert qu’à envoyer un signal aux agences de notation." La moindre revalorisation des prestations familiales et logement est également une mauvaise décision au moment où il faudrait soutenir le pouvoir d’achat des familles et des jeunes. La seule mesure qui trouve aux yeux de la toujours très européenne confédération de François Chérèque  est la hausse de la TVA à 7 %  "qui permet une harmonisation avec l’Allemagne". Elle a tout de suite envisagé une riposte commune du côté des salariés. Bernard Thibaut secrétaire général de la CGT a appelé dès mardi également à  une réunion de l’intersyndicale. Il s’est dit prêt à "une vraie concertation" pour apprécier "les réactions les plus appropriées". De son côté FO  qui avait pris ses distances avec l’intersyndicale depuis 2009 se dit prêt à  des actions plus "unitaires". Jean-Claude Mailly évoque déjà une grève interprofessionnelle de 24 h. Pour dégoupiller le mouvement Xavier Bertrand a reçu le 8 et le 9 novembre à huit clos, les organisations qui le voulaient bien, c’est-à-dire l’Unsa, la CFTC et la CGC. Il n’était pas prêt à discuter du plan anti-déficit qui est selon lui de l’ordre de "la responsabilité politique" mais uniquement du plan d’économie de la sécurité sociale. Il y a selon lui des marges de manœuvre en accélérant les baisses de médicaments de marque comme génériques. Peu probable que cela suffise à calmer les syndicats. A priori, ils devraient se retrouver le 18 novembre pour prendre des décisions.

Allemagne : l’offensive syndicale sur les salaires et l’emploi marque des points
Les mobilisations semblent fonctionner alors IG Metall, le puissant syndicat allemand de la métallurgie, poursuit son offensive. Les 9 et 10 novembre, des débrayages ont eu lieu dans une dizaine de sites sidérurgiques, notamment chez ThyssenKrupp, et d’autres mouvements de grève sont prévus la semaine prochaine chez ArcelorMittal. Deux principales revendications du syndicat : défendre l’emploi des jeunes, notamment en recrutant plus, et sur des contrats à long terme les jeunes stagiaires ; et d’autre part une revalorisation des salaires. IG Metall mène depuis plusieurs semaines une négociation avec les employeurs de la sidérurgie afin d’obtenir une hausse de 7% des salaires des 83000 salariés de la branche. En octobre déjà, c’est chez Airbus qu’IG Metall avait organisé des grèves, obtenant quelques semaines plus tard un engagement impressionnant du constructeur aéronautique : une garantie d’emploi pour les 16000 salariés allemands du groupe jusqu’en 2016, voire jusqu’en 2020 si la conjoncture le permet, et surtout en échange d’un engagement sur une hausse de la productivité. De quoi faire pâlir d’envie plus d’un salarié français

Cette mobilisation tombe alors que, pour la première fois, le 9 novembre, Angela Merkel s’est montrée ouverte à l’instauration d’un salaire minimum, inexistant en Allemagne, pourvu qu’il soit négocié au niveau des branches. Le même jour, l’Institut économique allemand DIW publiait une étude montrant une dégradation des salaires allemands de 4% en 10 ans, notamment en raison du développement des temps partiels. Même les salaires moyens sont touchés, depuis 2005.

Les contrats aidés doivent être mieux ciblés
Principal instrument de la politique de l’emploi, les contrats aidés sont mal ciblés selon la cour des comptes. Dans un rapport qui les évalue, elle constate que  leur efficacité est discutable. D’abord parce que les contrats aidés courent après deux objectifs difficilement conciliables :  lutter à court terme contre le chômage d’une part, faciliter l’insertion professionnelle des publics très loin de l’emploi d’autre part. Avec la crise et la montée du chômage, depuis 2009, c’est le premier objectif de volume qui a été privilégié au détriment de la cible. Le nombre de contrats courts s’est multiplié pour des personnes qui y entraient facilement et en ressortissant tout aussi facilement. D’un autre côté, le nombre de bénéficiaires de minima sociaux entrants dans des contrats aidés a diminué depuis 2009. Elle propose donc de réserver ces contrats aux personnes les plus éloignés de l’emploi et de veiller à des durées suffisantes pour permettre le développement d’actions d’insertion. Par ailleurs, la cour préconise de prévoir à l’occasion de la renégociation de la convention Etats-Unedic-Pôle emploi, des engagements sur l’organisation d’un suivi plus personnalisé de ces publics pour prévenir les difficultés prévisibles à l’issu du contrat aidé.

Anne-Sophie Bellaiche et Cécile Maillard 

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