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La justice détricote les chaussettes Olympia

Par DE NOTRE CORRESPONDANT EN CHAMPAGNE-ARDENNE, PASCAL AMBROSI - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3172
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Le fabricant aubois joue aujourd'hui son avenir pour ne pas avoir proposé, lors de sa restructuration en 2006, de reclasser ses salariés licenciés dans sa filiale roumaine.

De mal en pis ! Depuis le 24 novembre, le fabricant de chaussettes Olympia, basé à Romilly-sur-Seine (Aube), est placé en redressement judiciaire avec une période d'observation de six mois. La semaine précédente, la PDG, Catherine Rambaud, avait déclaré la société en cessation de paiement. Le bonnetier était dans l'impossibilité de verser une indemnité globale de 2,5 millions d'euros à 47 de ses anciens salariés licenciés en 2006, comme l'y enjoignait un arrêt de la cour d'appel de Reims (Marne) rendu en mai. L'entreprise, qui appartient au groupe familial Jacquemard, emploie encore 295 salariés dans l'Aube et 450 en Roumanie. L'an dernier, elle a enregistré 2 millions d'euros de pertes pour un chiffre d'affaires de 31 millions d'euros.

« Nous marchons sur la tête avec cette affaire. Nous avons tout fait pour obtenir une conciliation afin d'échelonner le paiement. Sans succès. Cela met à terre notre plan de relance mis en oeuvre depuis trois ans », explique l'ancienne avocate du groupe, qui a pris les commandes en mars 2006. L'arrivée de Catherine Rambaud faisait suite à un plan de restructuration qui s'était traduit par la suppression de 296 emplois. Olympia avait décidé d'abandonner la production de chaussettes dans l'Aube, au profit de son usine roumaine. L'entreprise n'a pas alors respecté l'obligation faite à tout employeur de proposer des solutions de reclassement en interne, y compris dans ses filiales à l'étranger, aux conditions salariales applicables dans le pays d'implantation.

En Roumanie, le salaire mensuel est de l'ordre de 110 euros par mois. Même si le procédé est jugé « honteux et humiliant » par Laurence Parisot, la présidente du Medef, c'est ce défaut de procédure qui a justifié l'action engagée par 47 salariés licenciés. Pour leur avocat, maître Philippe Brun, les propositions d'échelonnement sur deux ans faites par le bonnetier étaient inacceptables. Estimant que l'entreprise n'avait pas les moyens de payer ce qu'elle doit, il considère que le tribunal de commerce de Troyes aurait dû s'autosaisir pour la placer en redressement judiciaire. Les indemnités des salariés licenciés seront prises en charge par l'Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS), à charge pour Olympia, si elle échappe à la liquidation judiciaire, de rembourser l'AGS.

UN CINQUIÈME PLAN SOCIAL ENVISAGÉ

 

Pour leur part, les 295 salariés encore présents dans l'usine auboise s'inquiètent de leur avenir. « La direction, qui s'est battue pour maintenir les emplois jusqu'à maintenant, annonce aujourd'hui qu'il faut envisager la suppression de 70 à 100 postes. Ce sera le cinquième plan social depuis 1990, où nous étions encore 1 000 salariés », explique, désabusée, Marie-Josée Fresse, la secrétaire (CGT) du comité d'entreprise, qui refuse de se prononcer sur la condamnation qui frappe l'entreprise. « Il est certain qu'elle a accentué les difficultés, reconnaît-elle. Il n'y a plus de tricotage ici, sauf les préséries, puisque le site est devenu la plate-forme logistique d'Olympia. Pour le pérenniser, la direction prévoyait de s'ouvrir à d'autres clients. Ce projet risque d'être retardé, voire compromis... »

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