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La hyperspécialisation, une arme contre la crise

Le 23 octobre 2009

Petite entreprise de mécanique située à Yevre la Ville, dans le Loiret (45), Bazille s’en sort plutôt bien dans cette tempête économique.

Son secret : une spécialisation dans des opérations d’usinage de finition de haute volée technologique. « Fondée en 1953, notre entreprise usine et rectifie jusqu’à une précision proche du micromètre des boisseaux sphériques pour la robinetterie standard ou spécifique », explique son pdg, Didier Georgelin, un entrepreneur enthousiaste qui l’a rachetée il y a deux ans. Haute pression, milieux corrosifs… les applications hors normes ne manquent pas. Les opérations d’usinage d’ébauche de ces pièces en métaux durs (inox, titane, inconel, etc.) sont effectuées sur les quinze centres d’usinage qui équipent l’atelier. Mais ce qui fait la force de l’entreprise ce sont ses rectifieuses conçues sur mesure pour en assurer la finition des pièces dont le poids varie de 50 grammes à deux tonnes et la taille de 1 cm à 1 m de diamètre.

Des équipements top secrets, dont on peut seulement dire qu’ils sont très rigides et usinent à grande vitesse sur différents axes. « Une fabrication en petite série, très réactive », précise Didier Georgelin. « Il arrive parfois que le donneur d’ordre envoie les pièces le soir en taxi et qu’elles repartent usinées, toujours en taxi, le lendemain matin. » Des pièces destinées à la pétrochimie ou au nucléaire, à l’industrie chimique ou à celle de la santé. Autre richesse de l’entreprise : le savoir-faire de ses quinze employés qui doivent souvent résoudre la quadrature du cercle. « Plus la pièce est grande, plus son usinage est difficile », confirme le responsable. « La précision de l’ordre du micromètre sur des surfaces complexes et avec un état de surface poli-miroir du tournant est un impératif pour assurer l’étanchéité parfaite du robinet. »

Si coté technique, Didier Georgelin n’avait rien à apprendre aux spécialistes de Bazille, il a en revanche, mis en œuvre ses connaissances en gestion industrielle pour mieux contrôler les délais. « Nous maintenons volontairement un taux d’occupation de machines de 50% pour pouvoir répondre à une commande client qui arrive aléatoirement », affirme cet adepte du lean manufacturing et autres Six Sigma.
Moyennant quoi, l’activité n’a connu que 10 à 15% de baisse en 2009 par rapport à l’année précédente (son chiffre d’affaires a été de 1,8 millions d’euros en 2008).

« On peut cependant mieux faire et surtout, développer notre présence à l’étranger », conclut Didier Georgelin qui veut passer l’activité « export » de 20% à 50% du chiffre d’affaires. Avec une visée toute particulière sur les pays limitrophes à la France, voir l’Algérie…

Mirel Scherer



 

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