L'Usine de l'Energie

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La hausse du prix de l'essence plane au-dessus de la présidentielle

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Carburant pompe à essence

Le prix de l’essence à la pompe a franchi la barre symbolique des deux euros en début de semaine. De quoi remettre la question du pétrole au cœur des discussions pré-électorales.

Les analystes ne cessent de le clamer : le temps du "pétrole facile" est révolu. La preuve, le prix à la pompe ne cesse de flamber, et d’amputer le pouvoir d’achat des automobilistes. Deux raisons peuvent expliquer la hausse du prix du pétrole brut. Les tensions politiques en Iran et en Israël ont fait grimper le prix du brent (le baril oscille entre 125 et 130 dollars). De plus, sur les derniers mois, l’euro s’est plutôt déprécié par rapport au dollar. Conséquence direct : cela a renchéri la facture en euro.

Et cela se ressent à la pompe. Pour François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle, il suffirait d’opérer un blocage du prix de l’essence. Invité  sur Parole de candidat sur TF1, il a alors proposé de "faire une pause" de "trois mois" sur les prix de l'essence pour mettre "les distributeurs face à leurs responsabilités". Le candidat socialiste propose aussi de mettre en place une "TIPP flottante" afin de "restituer au consommateur ce que l'Etat n'a pas à avoir comme recette supplémentaire". "Mais enfin, c’est à pleurer !" réplique aussitôt Nicolas Sarkozy sur Europe 1.


"Cette mesure aurait deux implications très fortes", commente Céline Antonin, économiste au département analyse et prévision à l’Ofce, interrogée par L’Usine Nouvelle. Elle développe : "d’abord, ce serait illusoire de se dire que l’on peut continuer à utiliser du pétrole bon marché. Il faut se confronter le plus rapidement possible aux réalités. C’est une ressource rare, amenée à être de plus en plus chère. Il faut voir le prix comme un signal pour nous avertir que la ressource est épuisable et qu’il faut savoir l’utiliser avec modération." 

Et effectivement il faut désormais aller chercher le pétrole de plus en plus profond, localiser de nouveaux gisements, tout en veillant à la protection de l'environnement. "Les exploitations se sont complexifiées depuis le temps où le pétrole jaillisait du sol", explique Yves de Saint Jacob, spécialiste des questions d'énergie. 

Puis, ajoute Céline Antonin "bloquer les prix signifierait de soustraire des recettes fiscales à l’Etat. Ce serait donc un gros manque à gagner en période d’austérité budgétaire".

La responsabilité des compagnies pétrolières

Et comme à chaque flambée du prix de l’essence, c’est vers les compagnies pétrolières que les regards inquisiteurs se tournent. Jérôme Cahuzac, député PS, accusait mercredi 14 mars sur France Info : "il y a des profits illégitimes qui sont en train d’être constitués par ces compagnies pétrolières".



Essence : J.Cahuzac (PS) dénonce les "profits... par FranceInfo

Pour Céline Antonin, l’asymétrie des prix à la pompe est un reproche assez habituel. "On remarque que les variations sont répercutées en cas de hausse, moins en cas de baisse", explique-t-elle. Puis de nuancer : "De là à affirmer que les producteurs augmentent leurs marges, je n’en suis pas persuadée. Le secteur de la distribution est très concurrentiel, surtout depuis l’arrivée des grandes surfaces sur le marché. Puis les compagnies pétrolières font l’essentiel de leur profit sur l’activité extraction."

Dans ce contexte, les prix vont-ils continuer de grimper ? "Pas nécessairement", rétorque Céline Antonin. "Les observateurs  ne s’attendent pas à ce que le prix du brent baisse en dollar, sur fond d’agitation au Moyen-Orient. On ne s’attend pas non plus à une inflexion du taux de change". A priori, les prix devraient donc se stabiliser. Ils n’augmenteront que si les tensions géopolitiques se font encore plus fortes. 

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