La hausse du pétrole n'est bonne pour personne, dit Margerie12/05/2008
par Simon Webb DOHA (Reuters) - La forte hausse des prix pétroliers est mauvaise pour tout le monde, a déclaré le directeur général de Total, Christophe de Margerie, qui prône des mesures radicales permettant de réduire la consommation tout en répondant à l'augmentation de la demande. "Il y a un problème d'offre et de demande et c'est la raison pour laquelle le prix est élevé, même s'il est exagéré par la spéculation", a-t-il dit à des journalistes lors d'une conférence sur l'énergie à Doha, la capitale du Qatar. "Nous ne considérons absolument pas cela comme une bonne nouvelle, ni pour les pays producteurs, ni pour les compagnies, ni pour les consommateurs. Cela va trop vite", a-t-il ajouté. Le pétrole brut léger américain a inscrit un nouveau record vendredi à plus de 126 dollars le baril et se traitait lundi non loin de 125 dollars. Pour Margerie, l'offre actuelle est suffisante mais les marchés prennent en compte un risque de pénuries futures, ce qui alimente la hausse des cours. "Je crois vraiment qu'il est temps de prendre des décisions touchant ce que nous pouvons faire d'un côté pour réduire la consommation et de l'autre pour répondre à la demande supplémentaire d'énergie des pays émergents", a-t-il expliqué. "La somme de tout cela affecte notre capacité à répondre à la demande." Le patron opérationnel de Total s'exprimait à l'occasion de l'inauguration d'un terminal de Dolphin Energy, le premier projet gazier transfrontalier du golfe. Total détient 24,5% de Dolphin, tout comme le groupe américain Occidental, les 51% restants étant aux moins de la société publique d'investissement d'Abu Dhabi Mubadala Development. TOTAL TOUJOURS INTÉRESSÉ PAR L'IRAN Margerie a parallèlement souligné que son groupe restait intéressé par des investissements en Iran "sur le long terme" mais qu'il ne s'attendait aucune décision rapide sur le projet du champ gazier iranien de South Pars. Samedi, Royal Dutch Shell a annoncé son retrait du projet South Pars, après des pressions d'élus américains liées au programme nucléaire iranien. Total a signé un protocole d'accord avec la compagnie publique National Iranian Oil Company pour le développement de la phase 11 de South Pars. Téhéran a dit souhaiter un engagement définitif de Total d'ici le milieu de l'année alors que Paris a appelé le groupe français à s'abstenir. "A court terme, il sera difficile de parvenir à une solution gagnant-gagnant", a déclaré Margerie. "Nous leur avons dit que nous étions intéressés sur le long terme." Il a ajouté que Total et les responsables iraniens devaient encore négocier les modalités du contrat en raison de la hausse des coûts. "Nous n'avons toujours rien à signer", a-t-il conclu. Evoquant un autre dossier important, il a assuré qu'une annonce aurait lieu "très, très bientôt" sur le projet du groupe de construction d'une nouvelle raffinerie en Arabie saoudite. Il a refusé de préciser si la mise en oeuvre de projet serait lancée mais il a dit que Total et l'Arabie saoudite étaient "positifs" sur l'évolution de ce projet. Les deux parties ont signé en 2006 un accord sur la construction à Djoubaïl d'une raffinerie d'une capacité de 400.000 barils par jour. Margerie a constaté que les coûts des projets dans le secteur de l'énergie avaient augmenté partout dans le monde, y compris pour celui de Djoubaïl, mais il s'est refusé à toute estimation. Selon des sources du secteur, le coût estimé du projet dépasse désormais 10 milliards de dollars, contre environ six milliards début 2006. Margerie a expliqué lundi que Total coopérait avec le géant public saoudien Aramco pour tenter de contenir les coûts. Simon Webb, version française Marc Angrand X fermer |
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