La hausse des ratios ne doit pas saper le crédit, demande Draghi
Publié leBERLIN (Reuters) - Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a exhorté jeudi les régulateurs à s'assurer que l'obligation de relever les ratios de fonds propres bancaires ne débouche pas sur une contraction du crédit.
Il a pressé les établissements de la zone euro de continuer à irriguer le secteur privé, laissant entendre pour la première fois que le durcissement de la réglementation pourrait saper une croissance toujours fragile.
"Les banques de la zone euro ont été récemment mises sous pression à la fois sur leurs bases capitalistiques et sur leurs conditions de financement", a dit Mario Draghi lors d'un discours à Berlin.
"Le plan visant à solidifier leurs bases capitalistiques cherche à renforcer leur positions sur les marchés financiers, mais ce n'est pas un processus facile".
"Les pouvoirs publics devraient amortir l'impact sur l'économie réelle et les banques devraient envisager de restreindre les dividendes et les rémunérations exceptionnelles pour renforcer leurs matelas (de fonds propres)", a-t-il ajouté.
Selon lui, les actionnaires ne sont pas toujours bien disposés à l'égard d'un relèvement des ratios de fonds propres mais les autres possibilités sont pires pour l'économie.
"Vendre des actifs est moins préférable et rogner sur le crédit à l'économie réelle est encore pire", a-t-il fait valoir.
LES RACHATS D'OBLIGATIONS "PAS INFINIS"
La semaine dernière, l'Autorité bancaire européenne (ABE) a estimé les besoins de recapitalisation de 71 banques européennes à près de 115 milliards d'euros, afin de leur permettre de faire face à la crise de la dette souveraine.
Le rachat d'obligations souveraines par la Banque centrale européenne n'est "ni éternel ni infini", a par ailleurs réaffirmé Mario Draghi.
Il a estimé que pour réduire l'aversion au risque sur les marchés, davantage de clarté était nécessaire et il a exhorté les dirigeants politiques à "parler sans ambiguïté et à "tenir parole".
Evoquant le récent sommet européen de Bruxelles, le président de l'institution de Francfort a jugé que les décisions prises étaient "une percée en vue de règles budgétaires claires dans notre union monétaire" et a appelé à leur application rapide.
Interrogé sur les perspectives d'inflation, Mario Draghi a jugé que l'inflation évoluait actuellement autour de 3% dans la zone euro en raison d'effets exceptionnels comme une hausse des prix du pétrole, des prix des matières premières et de l'imposition indirecte.
"Nous voyons un profil d'inflation qui devrait baisser à 2% d'ici la fin de l'année 2012, et qui restera ensuite sous les 2% en 2013 et par la suite", a-t-il dit.
Alexandra Hudson et Brian Rohan; Nicolas Delame et Jean Décotte pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat
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