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La guerre à la finance de François Hollande relance le débat

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PARIS (Reuters) - Le premier grand discours de campagne du candidat socialiste François Hollande, marqué par une déclaration de guerre au monde de la finance, a relancé le débat lundi entre majorité et opposition, à moins de trois mois du premier tour.

Ignorant délibérément Nicolas Sarkozy, le candidat PS a proclamé dimanche que la finance était son véritable adversaire, dans une intervention marquée à gauche et émaillée de propositions censées mettre fin aux "privilèges" des plus fortunés.

Son ex-compagne, la candidate malheureuse de 2007 Ségolène Royal a estimé lundi sur Canal+ qu'il s'agissait de la principale nouveauté du discours.

"Une nouvelle étape commence aujourd'hui (...) Ce qui est très important hier, c'est que la question de la finance ait été remise au coeur du débat politique, et ce doit être un sujet majeur dans l'élection présidentielle", a-t-elle dit.

La majorité a dénoncé cet aspect des déclarations de son adversaire, qu'elle décrit comme un artifice politique et voit comme utopique du fait de l'internationalisation des marchés.

"C'est surtout un grand numéro de démagogie en direction de l'extrême-gauche et des tenants de la démondialisation (...) Applaudissement garantis sur les bancs socialistes, mais que doit-on en faire une fois les lampions de la fête éteints ?", a dit le patron de l'UMP Jean-François Copé au Figaro.

Le ministre du Travail Xavier Bertrand a estimé que c'était l'actuelle majorité qui avait pris des mesures contre la finance, dans une allusion apparente à l'encadrement après 2008 des "bonus" des traders et des super-rémunérations des dirigeants, jugé insuffisant par l'opposition.

"Je veux bien qu'il y ait un réveil tardif, ce n'est pas cela qui rend crédible", a-t-il dit sur France 2.

"François Hollande refuse de dire la vérité. Il refuse de dire que ce n'est pas en faisant payer seulement les riches qu'il réglera les choses", a-t-il ajouté, estimant que les mesures fiscales avancées toucheraient aussi la classe moyenne.

Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a estimé sur France info que l'attaque contre la finance était un artifice, même s'il a convenu de la nécessité de l'encadrer.

"On a trouvé un ennemi extérieur, ne laissons pas croire aux Français que tous nos problèmes viennent de l'extérieur. (...) Les attaques contre la finance et la nécessité de réguler la finance, à laquelle je souscris, ne doivent pas masquer la nécessité profonde de réorganiser notre dispositif économique et social", a-t-il dit.

François Hollande a notamment proposé l'interdiction totale des stock-options (complément de rémunérations sous forme de titres des sociétés), l'encadrement des bonus des traders et dirigeants (primes), l'interdiction aux banques de travailler avec des filiales dans les paradis fiscaux.

Est avancée aussi l'idée d'une séparation obligatoire des activités de trading et de dépôt. Le candidat PS a défendu par ailleurs la proposition d'une taxe sur les transactions financières au plan européen, qui aille au-delà de celle que Nicolas Sarkozy doit proposer et faire voter en février.

Les contours exacts de cette taxe unilatérale ne sont pas connus, mais il pourrait s'agir d'un rétablissement d'une taxe appelée "impôt de Bourse" supprimée par l'actuel gouvernement en 2008.

François Hollande propose enfin de créer une agence européenne publique de notation financière, pour remplacer les trois agences privées seules détentrices actuelles des évaluations des dettes souveraines.

Thierry Lévêque, édité par Benjamin Massot

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