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La Grèce reste muette sur l'austérité, l'UE s'impatiente

Publié le

par Renee Maltezou et Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - La Grèce n'avait pas donné lundi à la mi-journée sa réponse aux conditions drastiques posées par l'Union européenne et le Fonds monétaire international en échange d'un deuxième plan d'aide financière, prenant ainsi le risque d'épuiser la patience de ses bailleurs de fonds.

L'échec des discussions en cours pourrait aboutir à un défaut "désordonné" de la Grèce sur sa dette publique et menacer son maintien au sein de la zone euro.

"Nous avons déjà dépassé l'échéance", a constaté à la mi-journée Amadeu Altafaj, porte-parole de la Commission, ajoutant que les autorités grecques devaient prendre les décisions nécessaires.

Panos Beglitis, porte-parole du parti socialiste, le Pasok, avait déclaré dimanche que les responsables des trois partis soutenant le gouvernement devaient donner leur réponse à midi au plus tard ce lundi.

Mais lundi, un responsable gouvernemental a démenti qu'un tel ultimatum ait été posé aux négociateurs.

"La seule date butoir, c'est d'aboutir à un accord pour le second renflouement et à un accord des responsables politiques avant l'Eurogroupe", a-t-il dit.

Aucune date n'est pour l'instant fixée pour cette réunion, qui devrait toutefois avoir lieu cette semaine.

"Le temps presse" pour la Grèce, a constaté la chancelière Angela Merkel lors d'une conférence de presse commune avec Nicolas Sarkozy, à l'issue d'un conseil des ministres franco-allemand à Paris.

"Nous souhaitons que la Grèce reste dans l'euro", a-t-elle ajouté. "Mais je dirai aussi qu'il ne peut y avoir de nouveau programme pour la Grèce s'il n'y a pas d'accord avec la troïka. Je tiens à dire clairement une nouvelle fois qu'il ne peut pas y avoir d'accord si les propositions de la troïka ne sont pas mises en oeuvre."

Panos Beglitis, de son côté, a déclaré que l'échéance avait de facto été repoussée à mardi en raison du report sine die de la réunion ministérielle de l'Eurogroupe.

NERVOSITÉ SUR LES MARCHÉS

Dimanche, après cinq heures de discussions, le Premier ministre Lucas Papadémos avait déclaré que les responsables des partis s'étaient mis d'accord sur un certain nombre de mesures, y compris des baisses de salaires, dans le cadre d'un plan de réduction des dépenses représentant 1,5% du produit intérieur brut.

Les leaders du Pasok, du parti conservateur Nouvelle Démocratie et du Laos (extrême-droite), tous en lice pour les élections législatives prévues en avril, sont censés trouver un compromis sur des questions aussi difficiles que la réforme du marché du travail ou la recapitalisation des banques.

Un accord est indispensable pour permettre le déclenchement à temps du second plan d'aide d'environ 130 milliards d'euros conclu l'automne dernier et éviter un défaut d'Athènes sur 14,5 milliards d'euros de dettes arrivant à échéance en mars.

L'espoir de progrès sur le chapitre de la recapitalisation des banques favorisait lundi la hausse de ces valeurs à la Bourse d'Athènes : vers 13h30 GMT, l'indice local des banques gagnait plus de 7%.

Mais le silence d'Athènes et l'absence d'accord politique sur les conditions posées par la troïka pesait sur les grandes places européennes : la Bourse de Paris perdait 0,8%, celle de Francfort 0,2%, tout comme l'indice paneuropéen FTSEurofirst 300. Quant à l'indice Stoxx des valeurs bancaires européennes, il reculait de 0,6%.

L'euro reculait parallèlement face au dollar, à 1,3040 environ contre 1,3112 vendredi soir.

Alors que les discussions politiques se prolongent à Athènes, les deux principaux syndicats du pays ont appelé à une grève de 24 heures mardi pour protester contre une politique qui menace selon eux d'entraîner le pays dans une spirale destructrice.

"Malgré nos sacrifices et tout en reconnaissant l'échec de leur politique, ils réclament encore plus d'austérité", a déclaré à Reuters Ilias Iliopoulos, secrétaire général du syndicat de fonctionnaires Adedy.

Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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