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L'Usine Maroc

"La future COP22 au Maroc crée une nouvelle dynamique pour les cleantechs", selon Naoufal Chama du réseau Startup Maroc

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Publié le

Entretien L'Usine Nouvelle a demandé, à Naoufal Chama, l'un des fondateurs du premier réseau de startups au Maroc de faire le point sur la situation des startups Cleantech en marge de la Medcop de Tanger en juillet. Il revient sur les enjeux et les conditions de développement des cleantech à la lumière de la future COP22. En soulignant le faible impact sur les jeunes entreprises des grands projets marocains dans les énergies vertes.

La future COP22 au Maroc crée une nouvelle dynamique pour les cleantechs, selon Naoufal Chama du réseau Startup Maroc
Naoufal Chama est l'un des fondateurs et animateurs clé du très actif réseau Startup Maroc
© startupmaroc

Depuis que l’association Startup Maroc a importé le concept "Startup Weekend" des États-Unis, en  2011, une trentaine d'éditions ont été organisées, dans près d'une vingtaine de villes. Ces éditions ont totalisé plusieurs milliers de participants et plus d'un millier d'idées pitchées. Plusieurs centaines de startups ont été accompagnées par le réseau et plus de 200 mentors entrepreneurs et experts ont été mobilisés. L'Usine Nouvelle a demandé, en marge de la Medcop de Tanger, à l'un de ses fondateurs, Naoufal Chama de dresser l'état des statups cleantech au Maroc en écho à la COP22 qui se tiendra du 7 au 18 novembre à Marrakech.

L'Usine Nouvelle : Quel est le contexte des cleantech ou greentech au Maroc ?
Naoufal Chama : Il y a des projets de très grande envergure qui sont menées dans notre pays. La première se trouve à Ouarzazate avec le projet solaire Noor et qui positionne le Maroc parmi les pays les plus innovateurs dans ce domaine. Je peux également vous citer le mégaprojet éolien de Tanger. Ce sont deux projets structurants. Ils positionnent le Maroc sur les Cleantechs pas forcément dans d'autres secteurs environnementaux annexes comme ceux liés à la pollution ou la gestion de l'eau.

Comment faire le lien entre ces projets avec les startups et les intégrer dans cette dynamique ?
La réalité est que ces grands projets font appel à des grands groupes internationaux qui viennent s'installer au Maroc. Le transfert de ces technologies vers les startups n'est pas vraiment d'actualité. Toutes les demandes des donneurs d'ordre font appel à des sous-traitants internationaux qui débarquent avec leur technologie sous le bras.

L'impact sur les startups marocaines est pour moi quasi inexistant. Parallèlement à cette situation, on voit des projets à différents stades de maturité qui prennent conscience du sujet et commencent à bouger. Certes, certains aboutissent et d'autres pas mais une vraie dynamique est créée.

Est-ce que ces startups réussissent ?
C'est LA question. Parce que la réussite fait référence aux startups qui ont pu lever des fonds. Le constat est simple, si une startup ne lève pas de fonds, son futur est compromis. La réponse est donc clairement Non. Aucune des structures existantes n'a pour le moment réussi à lever des fonds pour des raisons structurelles dans certains cas, d'opportunités de marché ou de maturité de l'écosystème en général.

Est-ce que ça pourrait le devenir ?
Probablement oui. Il existe des initiatives comme celle du fonds Innov invest, de 500 millions de dirhams dédié aux startups marocaines dont la convention cadre a été signée le 1er juillet et dont la gestion a été confiée à la Caisse centrale de garantie. Je fonde de vrais espoirs concernant ce fonds. Ça ouvre une perspective pour les startups pas uniquement sur les cleantech mais d'une manière générale, les cleantech, comme les autres peuvent en bénéficier.

Quelle est la part des projets cleantech dans les projets d'entreprises que vous évaluez?
La part en question dépend des villes. Il y a des régions au Maroc où l'on trouve plus de cleantech que dans d'autres. Lors de la manifestation Startup weekend que nous avons organisée à El Jadida, on avait quinze startups en lice. Sur ce total six étaient des projets cleantech. Ce qui est exceptionnel.

A Rabat, on a organisé  un startup week-end 100% cleantech. C'était le thème de la manifestation de ne réunir que des startups cleantech. Le sujet semble intéresser davantage. L'approche de la COP22 parait avoir créé une nouvelle dynamique. On voit de plus en plus de projets sur ce thème qu'alors qu'il y a environ six mois, on avait un projet cleantech par évènement environ.

Mais la difficulté n'est-elle pas de trouver un marché ?
L'une des startups qui a gagné à El Jadida c'est Greenhouse. C'est une solution de capteurs hydriques pour les champs. Le système est capable de monitorer un champs et de savoir exactement ses besoins en eau. Ses promoteurs ont des clients dans le secteur de l'agriculture. Ce n'est pas forcément un projet lié directement à la problématique du changement climatique mis c'est lié à celle de l'économie d'eau et à l'environnement. Les marchés existent mais les projets ne sont pas encore en mesure de les créer. Nous sommes au début d'un écosystème de startup et sa maturité prendra du temps.

Pour la COP22 de Marrakech, organisez-vous un évènement en particulier ?
L'événement Startup Cleantech open. C'est une finale nationale de qui consiste à sélectionner la startup qui va représenter le Maroc à la Silicon Valley dans le plus grand rassemblement des investissements cleantech aux États-Unis. Nous organisons également un startup week-end à Marrakech sur ce même sujet au moment de la COP22 début novembre.

Propos recueillis à Tanger par Pierre-Olivier Rouaud     

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