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La France, terre de machines-outils ?

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L'industrie de la machine-outil garde encore quelques usines dans l’Hexagone. Même si certaines sont passées sous pavillon étranger.

La France, terre de machines-outils ?
Machine MX 4 de Huron destinée à l'usinage des pièces pour le système de distribution de carburant du A400M. Son exploit : elle réduit l'épaisseur des parois usinées de 2 à 1 mm.
© DR

L’industrie mécanique et à fortiori, celle de la machine-outil, ont-elles encore un avenir en France ? Une visite au salon Industrie 2010 qui a ouvert ses portes lundi 22 mars dans un format qui a rétréci comme une peau de chagrin par rapport aux éditions précédentes, fournit de raisons d’espérer. Bien sûr, une bonne partie de constructeurs restés dans la course arborent désormais un drapeau étranger. Ils sont cependant bien vivants, continuent à innover et leurs usines fabriquent aux quatre coins de la France. Trois exemples pour illustrer cette réalité. Inventeur du tournage par apprentissage, Somab a été repris en 2009 par le constructeur chinois Spark. Ce dernier, fabricant de machines d’entrée de gamme, a trouvé chez le fabricant français des équipements plus performants, complémentaires. C’est ainsi que Somab a pu garder, dans ces temps difficiles, une centaine de personnes, dont vingt-deux affectés à l’activité de service.

Synonyme de l’usinage de haute précision, Huron a été lui, racheté fin 2007 par le constructeur indien Jyoti. Entre les deux, une complémentarité évidente : le premier fabrique ses centres d’usinage en petite et moyenne série (120 machines/an), tandis que le second produit des équipements d’usinage en grande série (140 machines/mois). Huron a pu ainsi, enrichir sa gamme avec les machines de tournage et les centres d’usinage horizontaux du constructeur indien. Tandis que ce dernier a pénétré les secrets de l’usinage à grande vitesse de haute précision dont Huron a la réputation. « Bien nous a pris, car notre chiffre d’affaires a connu un bond de 10% grâce aux ventes effectuées sur le marché indien », se félicite Gilbert Fischer, ancien pdg de la société qui continue a être le conseiller marketing de Huron en France. Une union qui a apporté un bon nombre d’avantages, dont celui des économies d’échelle dans les achats de composants, par exemple. « Les pièces de fonderie que nous achetons en Inde nous procurent une économie de 25% », confirme ce vieux routier de la machine-outil française.

Moyennant quoi, Huron continue à innover et a réalisé en ces temps difficiles, un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros dans des domaines comme l’automobile, le ferroviaire, l’aéronautique ou l’énergie. Participant actif aux Etats généraux de l’industrie, Gilbert Fischer espère que les propositions qu’a faite le comité mécanique Alsace qu’il a présidé, seront rapidement mises en pratique. Comme les investissements Oséo, « qui doivent être plus près des PME. » Ou le diagnostic ISO qui devenir gratuit pour ces entreprises. Ou encore, les efforts à faire pour permettre aux jeunes de profiter plus des aides et de faire plus librement leurs stages dans les entreprises. « Le système actuel est trop rigide », constate Gilbert Fischer. Résultat : il est en train de créer un site pour permettre aux entreprises de sa région de se rencontrer, virtuellement bien sûr, avec les jeunes qui sont à la recherche d’un stage.

Autre exemple, mais même souci de l’innovation : Comau. L’ingénieriste italien, filiale de Fiat, a racheté lui, en 1999 Renault Automation. La filiale équipements de production du constructeur d’automobiles français était à l’origine de plusieurs équipements très innovants dont la machine à cinématique parallèle Urane SX. Son usine de Castre qui emploie toujours 350 personnes et a réalisé un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros en 2009, ne cesse d’imaginer de nouvelles machines. « Nous fournissons des équipements et des systèmes flexibles pour l’automobile, mais nous diversifions aussi notre activité », explique Gilles Gemble, responsable de ventes de Comau France. La société vient ainsi de créer une division Comau Aerospace et propose des solutions pour le marché de l’énergie. Ou celui du machinisme agricole. « Nous avons installé une ligne de fabrication des culasses dans l’usine de John Deere à Saran près d’Orléans », précise le responsable. Plusieurs machines spéciales ont été conçues pour l’industrie nucléaire. Comme celle de perçage et de brochage livrée à Areva pour l’usinage des plaques de 4 m de diamètre et 12000 trous pour les générateurs à vapeur des centrales EPR. Très flexible, cet équipement réduit à la portion congrue les temps morts...

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Créée en 1962, la société de Clermont en Argonne est un des derniers constructeurs de machines catalogues à capitaux 100% français. Sa spécialité : des petits centres d’usinage, rapides et très précis, pour des industries comme le médical, l’électronique, l’horlogerie… « Nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros en 2008 », explique Jean-Baptiste Médot, directeur commercial de la société. Année très dure, 2009 a provoqué cependant une baisse de ce chiffre d’affaires d’environ 30%. L’entreprise a du, pour la première fois de son existence réduire le nombre de ses employés de 150 à 130 personnes. Mais la PME aragonaise, qui représente en France des constructeurs comme Haas et Spinner, a plus d’une corde à son arc. « Nous sommes une entreprise familiale, capable de prendre ses décisions rapidement et qui a une grande facilité d’adaptation », conclut Jean-Baptiste Médot. La construction de machines innovantes pour des niches d’application comme le centre d’usinage pour l’usinage des prothèses dentaires illustre cette réactivité... »

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