La France se fixe enfin des priorités scientifiques
Le 08 juillet 2009 par Aurélie Barbaux
Pas de surprise sur les trois axes prioritaires (santé, environnement, TIC) issus de la réflexion nationale pour définir une stratégie de recherche et d’innovation, mais des programmes ambitieux, qu’il va falloir financer.
Enfin ! Le comité chargé de définir une stratégie nationale de recherche et d’innovation a rendu sa copie. Après neuf mois de réflexion, les 600 personnes sollicitées, réunies en dix groupes de travail, ont accouché d’une proposition qui tient en cinq principes communs et trois axes prioritaires.
Les cinq principes ne sont pas anodins. Le premier établit que la recherche fondamentale est un choix politique et que l’Etat français est décidé à y investir. Le second, plus consensuel, indique que les sciences humaines et sociales ne doivent pas être marginalisées, mais au contraire sont impliquées à tous les niveaux des axes de recherche prioritaires.La troisième exigence fixe la pluridisciplinarité comme fondement desprogrammes. Le quatrième place la sécurité et la gestion des risques comme unedemande sociétale qu’il est nécessaire d’inclure dans toutes les réflexions. Enfin, « toute recherche a bien pour vocation à être valorisée », a insisté Valérie Pécresse, ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, lors de la présentation du rapport à la presse le 8 juillet, au ministère. La recherche fondamentale, d’accord, mais pas pour le plaisir d’acquérir des connaissances. L’enjeu de ces priorités est bien économique. D’ailleurs, les axes prioritaires choisis le montrent bien. Ils sont sans surprises, mais suffisamment larges pour couvrir un vaste périmètre. Le premier couvre la santé, le bien-être, l’alimentation et les biotechnologies. Le deuxième concerne l’urgence environnementale et les écotechnologies. Le troisième, encore plus large, va de l’information aux nanotechnologies en passant par la communication.
Ceci dit, les groupes de travail arrivent avec des propositions concrètes de programmes de recherche ambitieux, comme de créer des observatoires de santé publique capables de mener des études sur le long terme, à l’image du programme ELFE, qui devrait suivre une population de 20 000 enfants pendant 20 ans. « Il peut aussi s’agir de satellites d’observation pour mesurer les émissions de gaz à effet de serre et suivre les changements climatiques, ou encore créer des lieux de rencontre entre recherche publique et privée, une demande récurrente dans tous les débats », a précisé ValériePécresse.
Reste à financer les programmes. « J’ai bien un chiffre en tête, mais il est trop tôt pour l’avancer. Je peux juste vous dire que l’Etat prendra ses responsabilités », explique la ministre. Mais nous n’en sommes pas encore là. Le document cadre va d’abord être publié et soumis àl’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologies(OPECST), à l’Académie des sciences, à l’Académie des technologies, au Haut conseil de la science et de la technologies (HCST) et au conseil supérieur de la recherche et de la technologie (CSRT), qui devront rendre leur avis courant septembre. Ensuite seulement, les priorités seront présentées au conseil des ministres. Il faudra donc attendre la fin de l’automne pour savoir si, enfin, la France ose affirmer des choix scientifiques.
1 réaction
martine d | 08/07/2009 - 17H29
Cela fait un an que madame pécresse parle. quand agira-t-elle ? quand il s'agit de détruire l'université, elle est plus rapide.

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