A l'occasion de sa première conférence de presse le 30 mai, le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian se donne jusqu'au 14 juillet pour préciser sa politique en matière de drones.
Jean-Yves Le Drian, nouveau ministre de la défense, enchaine les dossiers à vitesse grand V. Après le sommet de l'OTAN de Chicago où il a été question du départ des forces combattantes françaises d'Afghanistan et du bouclier anti-missile, le ministre s'attaque désormais à la politique industrielle de défense. Et il démarre fort, remettant en question certains choix de son prédécesseur. "Sur les drones, ma posture est très simple, je remets à plat, sans passion et avec pragmatisme", a indiqué le nouveau ministre. De quoi refroidir Dassault Aviation, qui est en négociations exclusives avec le ministère de la défense pour franciser le drone Heron TP du constructeur israélien IAI .
Toutefois, l'abandon de ce développement ne serait pas une surprise. D'une part, parce qu'avec le retrait des troupes françaises d'Afghanistan fin 2012, il n'y a plus d'urgence à s'équiper d'un drone qui ne sera disponible qu'en...2015. D'autre part, le sénat avait vertement critiqué cette option industrielle, sensiblement plus chère que l'achat sur étagère du drone américain Reaper du fabricant General Atomics.
Quid du drone Telemos ?
Reste à savoir dans quelle mesure la position du ministre concerne également le futur drone franco britannique Telemos dont une étude de faisabilité a été décidée lors du sommet bilatéral entre Nicolas Sarkozy et David Cameron du 17 février dernier. Les deux industriels retenus pour cet appareil de moyenne altitude et de longue endurance (MALE dans le jargon militaire) sont Dassault Aviation côté français et BAE Systems côté britannique. Le ministre s'est donné jusqu'au 14 juillet pour être au clair sur la question des drones.
Plus largement, Jean-Yves le Drian compte pleinement définir la politique industrielle en matière de défense. "C'est un sujet majeur. C'est un sujet du ministre de la Défense. Et j'entends bien l'exercer. Inévitablement, cela ne doit pas être un sujet sur lequel la dimension financière à court terme et voire même une stratégie de rente doit être privilégiée". Une critique répétée de la politique industrielle de défense sous la présidence Sarkozy. Le 11 mars dernier, François Hollande alors candidat avait déjà dénoncé dans son discours sur la défense nationale la politique alors en cours et précisé qu'il n'entendait "déléguer à quiconque cette responsabilité de tracer l'avenir des grands groupes industriels de défense et certainement pas à des intérêts privés ou financiers à qui le gouvernement sortant s'est trop souvent plié".









