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La France perd son triple A

Par Barbara Leblanc - Publié le
Euros
© Images of Money - Flickr - C.C.

[ACTUALISE] - Les rumeurs allaient bon train ce vendredi 13 janvier. Cette fois, c'est officiel. L'agence de notation Standard&Poor's s'apprête à baisser la note de l'Etat français à AA+ et ciblerait plusieurs autres pays européens.

La France va perdre la note maximale "AAA" ce jour. C’est ce que révèle le ministre de l'Economie François Baroin ce soir sur France 2. Il explique que l'agence a informé le gouvernement avant de rendre cette information officielle par communiqué. 

"Ce n’est pas une bonne nouvelle mais ce n’est pas une catastrophe, estime-t-il. Ce ne sont pas les agences de notation qui dictent la politique de la France". Il précise que malgré cette annonce le gouvernement n’entend pas mettre en place une nouveau plan de rigueur en France.

Cette révélation intervient quelques heures après le refus du ministère de commenter une "éventuelle dégradation de la note". Le ministre de l'Economie, François Baroin, était pourtant arrivé à l'Elysée vers 17h (16h GMT) sur fond de craintes de dégradation imminente de la note de la France par l'agence de notation financière Standard & Poor's, ont constaté des journalistes de l'AFP.

De son côté la porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse estimait que "la France est une valeur sûre, qu'elle peut rembourser sa dette. Je ne spécule ni dans un sens ni dans l'autre sur les décisions des agences de notation, ce que je dis c'est qu'aujourd'hui nous travaillions pour les Français et que nous ne changerons pas de cap. Notre cap, c'est le désendettement, c'est la compétitivité de la France et c'est soutenir la croissance".

Inquiétude à la SNCF

Face à cette rumeur, les entreprises dont l'Etat est actionnaire ont déjà commencé à réagir. Contacté par L'Usine Nouvelle, un porte-parole de Renault estime que la dégradation de la note n'impactera pas le groupe. "Le triple A de Renault dépend avant tout de l'évolution de son action en Bourse. Comme elle a pris 10% depuis le début janvier, nous ne sommes pas inquiets", assure-t-il. 

A l'inverse, la SNCF s'inquiète d'une probable dégradation. La SNCF étant "une entité à 100% détenue par l'Etat, l'évolution de la notation de la France devrait avoir un impact sur la nôtre", confie un porte-parole. Standard & Poor's avait déjà abaissé en juin 2010 la note de la compagnie ferroviaire de "AAA", la meilleure possible, à "AA+", partant du fait que plus elle s'aventurerait dans le domaine concurrentiel, moins elle pourrait appeler l'Etat au secours en cas de problème.

"Tout le monde savait"

Parmi les réactions à cette rumeur, Gabriel Artero, de la CFE-CGC explique à L'Usine Nouvelle que si la France perdait son triple A, ce ne serait pas une surprise. "La France est à son juste rang. Tout le monde le savait. Dont acte ! Est ce une claque pour un rebond salutaire ? Les vraies décisions arrivent, dit-il. Un troisième plan d'économies ? Relevons nous les manches au plan économique et social". Le responsable syndical ajoute que "Merkosy est condamné à agir. Les discours et palabres, c 'est fini, c'est désormais le temps des actes pour l'Union européenne". Il estime enfin qu'il faut "des décisions structurantes pour l'industrie".

A la CGPME, Jean-François Roubaud souligne que cette perte va renforcer l'attentisme des chefs d'entreprises dans leurs décisions d'investir et d'embaucher. "Il est évident que ce n'est pas un signal positif et ce n'est pas ce qui va améliorer le moral de nos chefs d'entreprise et de l'économie française, précise-t-il. Ce que je crains aussi, c'est une restriction un peu plus importante du crédit dans les mois à venir".

"Triple échec"

Du côté des réactions politiques, Jean-Marie Le Guen du parti socialiste estime qu'une telle annonce serait "un triple échec pour Sarkozy : échec de sa politique économique depuis 5 ans qui a a mené la France dans cette situation, échec de la gestion de la crise, et échec social".

Jean-Luc Mélenchon, candidat à l'élection présidentielle pour le Front de gauche, affirme par communiqué que "l’agence de notation Standard&Poors déclare la guerre de la finance contre la France. Il faut rendre les coups. La Banque Centrale doit annoncer immédiatement qu’elle prêtera à la France à un taux très bas". Le candidat du Modem, François Bayrou, doit tenir une conférence de presse ce 13 janvier à 18h45 pour commenter cette possible actualité. 

Pour la candidate écologiste, Eva Joly, "la perte du triple A doit être l'occasion d'une prise de conscience qu'un autre monde doit naître. Il n'y a pas de fatalité, c'est l'espoir d'une nouvelle révolution industrielle qui protège la planète et donne un travail de qualité à chacun. C'est exactement ce que j'ai proposé aujourd'hui avec mon pacte écologique pour l'emploi".

Attendue depuis plusieurs semaines, la dégradation probable de la note française constitue un revers pour Nicolas Sarkozy qui a longtemps fait du maintien du triple A une priorité nationale, à cent jours de l'élection présidentielle à laquelle il sera très probablement candidat. 

L'Allemagne épargnée

Cette information fait écho à l’annonce par Fitch la semaine dernière qui affirmait ne pas vouloir dégrader la note de la France en 2012. L’Allemagne, le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas seraient pour l’heure épargnés. Deux autres pays de la zone euro bénéficient jusqu'ici aussi de la meilleure note possible, l'Autriche et la Finlande. Selon les rumeurs, l'un des deux pays devrait aussi perdre sa meilleure note. D'après Les Echos du 13 janvier, l'Espagne, l'Italie et le Portugal pourraient pour leur part perdre deux crans. 

Le 5 décembre, l’agence menacait d’abaisser la note d’une quinzaine de pays de la zone euro en raison d'une aggravation des tensions systémiques liées à la crise de la dette.

Elle avait alors mis une pression particulière sur la France en précisant qu'elle pourrait être dégradée de deux crans contre un seulement pour les cinq autres pays "AAA" de la zone euro (Allemagne, Autriche, Finlande, Luxembourg et Pays-Bas).

Ces informations ont fait nettement décrocher les marchés d'actions qui se sont retournés à la baisse en Europe, tandis que l'euro chutait face au dollar, repassant sous 1,27 dollar.

Avec l'aide de Pauline Ducamp et Thibaut de Jaegher

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1 réaction

Gavroche17 | 14/01/2012 - 10H26

Bonjour,

Ministre du budget de 1993 à 1995, puis ministre des finances en 2004, puis président depuis 2007, comment ne pas ressentir que Sarkozy c'est l'incompétence alliée à la cécité en matière de gestion.

Salutations.

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