Malgré la réussite de sa filiale française Photowatt, le canadien ATS hésite à choisir l'Hexagone pour implanter un second site, quatre fois plus important.
Le groupe canadien ATS choisira-t-il l'Hexagone pour construire la seconde usine de modules et panneaux solaires dont il a absolument besoin, d'ici à 2007, pour faire face à un marché mondial qui explose... Rien n'est moins sûr. Le marché français du solaire, quasi inexistant, ne séduit guère ses dirigeants. Ce marché est tellement embryonnaire (nettement mois de 1 % du marché mondial !) que Photowatt, sa filiale française, qui emploie 600 salariés à Bourgoin-Jallieu, en Isère, y réalise à peine 3 % de ses ventes.
200 miliions d'euros pour 1 millier d'emplois
Pénalisée par un système public d'incitations trop complexe et financièrement peu motivant pour l'utilisateur (le tarif de rachat par EdF du courant produit est trois fois plus faible en France qu'en Allemagne), la filière photovoltaïque française ne décolle pas. Résultat : en 2004, la plus grosse part des modules et panneaux produits par Photowatt, premier fabricant hexagonal, a été vendue à l'export, dans une trentaine de pays, dont principalement l'Allemagne. Depuis cinq ans, le marché outre-Rhin augmente de façon exponentielle. En 2004, il a même représenté environ 30 % du marché mondial, revenant ainsi à hauteur du marché japonais qui caracole en tête.
Aussi, dans un contexte hexagonal aussi peu attractif, ATS pourrait se laisser tenter par les aides subs-tantielles à l'investissement offertes par les pays de l'Est, certains finançant même jusqu'à 30 à 40 % du coût total des usines. En fait, ils sont nombreux à courtiser le groupe, dont le projet représente un investissement d'environ 200 millions d'euros pour un millier d'emplois !
Etant donné le contexte commercial actuel particulièrement tendu (Photowatt n'est plus en mesure de livrer de nouveaux clients), les dirigeants d'ATS ont annoncé qu'ils arrêteraient leur choix d'ici à l'été prochain. L'usine française, qui produit 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, arrive en effet à saturation en terme de capacité. En attendant, pas question de délocaliser. « Ce site, qui a déjà bénéficié de près de 50 millions d'euros d'investissements cumulés, rappelle Réné Desserrières, directeur commercial de Photowatt, accomplit un parcours remarquable, avec un personnel hautement qualifié »...









