Peu d’évolution pour la France dans le classement de Shanghai des meilleures universités mondiales, qui consacre les trois mêmes établissements scientifiques parisiens.
Trio de tête inchangé pour les universités françaises dans le classement annuel de Shanghai, publié le 15 août : passée devant l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC, Paris-VI) l’an dernier, Paris-XI (Orsay) reste en pole position, remontant même de trois places pour arriver… au 37e rang mondial. L’UPMC perd une petite place, passant 42e au lieu de 41e en 2011. Recul de 4 rangs pour l’ENS Paris, qui occupe désormais la 73e place des universités mondiales.
Ces trois grandes universités scientifiques françaises sont les seules à figurer dans le Top 100 d’un classement qui repose sur l’excellence de la recherche, et sur des critères anglo-saxons peu favorables à la recherche hexagonale. Paris-XI a gagné des places grâce à la médaille Fields décernée en 2010 à un Ngô Bao Châu, un mathématicien professeur à Paris-XI après y avoir soutenu sa thèse. Mais ce même brillant chercheur avait démarré ses études à l’UPMC et les avait poursuivies à l’ENS…
Sur les 500 établissements classés par l’université Jiao-Tong, 20 sont français. Lille-I fait son entrée, tandis que l’ENS Lyon et l’Université de Versailles en sortent. Progression, encore cette année, de Joseph-Fourier Grenoble-I. Traditionnellement, trois écoles d’ingénieurs figurent dans ce classement universitaire : Polytechnique et l’ESPCI (entre les rangs 301 et 400), et l’Ecole des Mines (entre 401 et 500).
Cela ne va pas arranger les relations de jalousie fraternelle qui unissent les deux pays, mais l’Allemagne fait mieux que la France : avec 37 établissements classés parmi les 500, elle est le 4e pays le plus titré, quand la France est 7e… En Europe, c’est bien sûr la Grande-Bretagne qui s’en sort le mieux : avec 38 classés dans le top 500, elle arrive en 3e position, devancée pour la première fois par la Chine, qui grimpe à 42 universités primées. Grands gagnants, comme chaque année : les Etats-Unis, avec 150 universités parmi les 500 meilleures, 17 sur les 20 premières ( !) et le podium olympique, inchangé depuis l’an dernier : Harvard meilleure université mondiale, suivie de Stanford (2e) et du MIT (3e).
Critiqué par la ministre en personne
Si les critiques accompagnent ce classement depuis sa création en 2003, il est cette année directement remis en cause par un membre du gouvernement. Dans un communiqué, Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, relève qu’il "ignore en grande partie les sciences humaines et sociales, ne prend pas en compte la qualité de l’enseignement, ni l’importance de la valorisation et du transfert".
Conclusion de la ministre : "il ne faut pas faire dire n’importe quoi à ce classement", et surtout par en faire "un outil de pilotage de la politique en matière d’enseignement supérieur et de recherche". Une critique directe des choix de ses prédécesseurs, qui ont, par exemple, accéléré les regroupements d’universités pour favoriser les positions françaises dans les classements internationaux.
Pour la ministre, comme pour beaucoup d’universitaires français, le salut viendra de l’Europe, qui prépare sa riposte, sans se presser... La France participe à la mise en place d’un classement européen multicritère, beaucoup plus représentatif de la diversité européenne, U-Multirank. Financé par l’Union européenne, il tarde à se mettre en place, mais une première version est annoncée pour fin 2013.









