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La France et EdF, artisans du futur programme nucléaire italien

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
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Le sommet franco-italien de Rome a validé ce mardi un accord "historique" entre les deux champions nationaux de l'énergie. Une coentreprise entre EdF et Enel devra permettre de construire 4 EPR en Italie.

Une page se tourne pour l'Italie, un fructueux marché s'ouvre pour la France. En signant un accord de coopération nucléaire au cours du Sommet bilatéral à Rome ce mardi 24 février, le président français Nicolas Sarkozy et le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi mettent fin à 22 ans d'interruption du nucléaire dans la Péninsule. Et marquent l'ouverture du marché italien aux entreprises françaises, entre autres. EdF notamment sort vainqueur de cette entente franco-italienne.

Enel majoritaire à 60%. Dans le cadre de cette coopération qui porte sur toute la filière de l'énergie nucléaire, l'électricien français et le numéro un de l'énergie en Italie, Enel, détenu par l'Etat, ont signé deux accords industriels. Le premier porte sur la construction de 4 réacteurs EPR de troisième génération. Les deux groupes vont créer une société commune détenue à parts égales pour étudier la "faisabilité" du projet. Mais Enel sera majoritaire à 60% dans l'opérateur des centrales italiennes, dont le capital pourra également être ouvert à des tiers. Cet accord, d'une durée de cinq ans, pourra être mis en place dès que le processus législatif et technique pour le retour du nucléaire en Italie sera bouclé. Un projet de loi a déjà été voté à l'Assemblée nationale et devrait l'être au Sénat en mars prochain. "L'objectif est de rendre opérationnelle la première unité italienne au plus tard en 2020", indique Enel dans un communiqué.

Dans la continuité d'un partenariat entre les deux groupes scellé en novembre 2007 à Nice, le deuxième accord prévoit d'étendre la participation d'Enel dans le nouveau programme nucléaire français d'EDF en France d'ici à 2023. L'Italien, déjà présent à hauteur de 12,5% dans le réacteur de troisième génération en cours de construction à Flamanville (Manche) prendra une part équivalente dans le second EPR français qui sera lui réalisé à Penly (Seine maritime) qui devrait être mis en service en 2017.

EdF dans les futurs projets européens de Enel. Ce nouvel accord prévoit en outre "d'autres possibilités de développement pour Enel en France" qui "concernent la construction d'une centrale à charbon propre de 800 mégawatts, la participation à deux unités à cycle combiné d'EDF de 930 MW et la participation à un appel d'offres pour le renouvellement de concessions pour 25 centrales hydroélectriques", détaille Enel. De son côté, EdF pourra participer aux projets aux éventuels projets nucléaires développés par Enel en Italie mais aussi en Europe.

"La France qui met à notre disposition son savoir faire, va nous permettre de gagner plusieurs années dans la construction de nos centrales nucléaires",  a déclaré Silvio Berlusconi justifiant le choix français, rapporte l'Ansa, l'agence de presse italienne. De son côté, le président Nicolas Sarkozy  a proposé à l'Italie "un partenariat sans limites". L'Italie, très dépendante de ses importations de pétrole et de gaze, veut à terme produire 25% de son électricité à partir du nucléaire. Avec cet accord de coopération nucléaire, l'Italie a fait aujourd'hui un premier pas concret dans le retour de l'atome. 

Carmela Riposa

A lire aussi :

Nucléaire : un accord de coopération franco-italien bientôt sur la table, 23/02/2009

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