LA FRANCE DE L'INDUSTRIE : 1 600 investissements à la loupe

Les industriels, malgré une pause en 2001, poursuivent leurs programmes. La plupart des secteurs se développent ou... se maintiennent. Des projets d'envergure viennent d'être dévoilés. Mais certaines régions de la façade atlantique décrochent et les étrange

Pas de panique ! Après l'euphorie de ces dernières années, le bilan de notre enquête sur l'investissement industriel, menée entre mi-2001 et mi-2002 dans 21 régions françaises (hors Corse) par notre réseau de correspondants, reste proche des deux précédents, en terme de montants investis (+ 6,15 % par rapport à l'an dernier). Toutefois, une majorité des projets recensés ici,
lancés sur une période de trois ans, est en voie d'achèvement. Notre enquête traduit donc une pause dans les programmes de développement des entreprises en 2001. Le retournement conjoncturel de l'économie mondiale de ces derniers mois et l'onde de choc des attentats du 11 septembre aux
Etats-Unis se sont inévitablement répercutés sur les dépenses des industriels, qui se sont montrés prudents. Sans oublier l'impact des périodes électorales, toujours propices à un attentisme général.
A l'inverse, le nombre des emplois envisagés est en chute libre (- 28,82 %). Un constat qui traduit le recul conséquent des « nouvelles » implantations (d'abord d'origine étrangère) dans les projets recensés, davantage liés à la modernisation ou à la mise aux normes de l'outil de production et, dans
certains secteurs comme l'agroalimentaire, à l'augmentation de la productivité ou au lancement de produits. Ensuite, les entreprises se montrent toujours réticentes à annoncer leurs programmes d'embauches, tant que les perspectives d'évolution de la demande restent incertaines. Plus optimiste, « le secteur industriel est en phase de consolidation de la reprise avec le septième mois consécutif d'augmentation du climat des affaires », note l'économiste du CCF, Nicolas Claquin. Dès lors, on peut s'attendre à un redémarrage progressif - mais mesuré - de l'investissement industriel, en ligne avec la hausse de la demande. Selon une analyse économique du CCF, publiée fin mai, « l'investissement des entreprises françaises devrait progresser de 0,6 % cette année avant de s'accélérer à + 4 % (hypothèse très prudente) en 2003. Le rebond des carnets de commandes
devrait se confirmer. Comme le taux d'utilisation des capacités de production évolue encore à un niveau assez élevé, le redémarrage des dépenses peut être assez rapide, dès le second semestre de cette année, pour s'affirmer en 2003 ».
D'ailleurs, à l'heure où nous bouclons ce dossier, l'optimisme est de rigueur. A seulement quelques jours d'intervalle, deux projets d'envergure viennent d'être annoncés en France : PSA Peugeot Citroën dans le Nord (290 millions d'euros), et Adisseo en Isère (230 millions d'euros). Ils font
suite au « spectaculaire » accord, signé en avril, par quatre des plus grands fabricants mondiaux de puces (STMicroelectronics, Philips, TSMC et Motorola), afin de créer un laboratoire commun pour le développement des futures technologies de gravure des puces sur silicium, en Rhône-Alpes. Près
de 3 milliards d'euros, investis d'ici à 2007, permettront la création de 5000 emplois sur Crolles, près de Grenoble (Isère), qui s'impose désormais comme le premier pôle européen en micro-électronique.

Catherine MOAL,
en charge de "La France de l'Industrie"
cmoal@usinenouvelle.fr


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