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"La France a une carte à jouer dans ce formidable marché du solaire"

Par Astrid Gouzik - Publié le
Panneaux solaires
© D. R.

Les professionnels du secteur photovoltaïque présentaient jeudi 27 octobre leurs propositions pour relancer un marché en perte de vitesse. Loïc de Poïx, président de l'Association des industriels du photovoltaïque français (AIPF) répond à L'Usine Nouvelle.

L'Usine Nouvelle - Quelles sont les propositions des Etats Généraux du Solaire Photovoltaïque (EGS-PV) à l’issue de 6 mois de réflexion ?
Loïc de Poïx - Ces Etats Généraux rassemblent 18 associations qui regroupent  un nombre considérable d’entreprises. Elles ont un marché, elles veulent le construire jusqu’à 2020. Nous sommes donc arrivés à la conclusion qu’il fallait établir un "business plan" national. Nous sommes tous des industriels, et nous avons tous des budgets. Nous avons besoin d’avoir une visibilité pour nos entreprises, et d’un pacte de confiance entre l’industrie et les pouvoirs publics.

La France est aujourd’hui l’un des premiers pôles de recherche européen dans le domaine du photovoltaïque. La partie recherche a reçu des aides conséquente et a pu investir plus de 300 millions d’euros et créer des centaines d’emplois sur le recherche. Le marché se met en place avec de très nombreuses sociétés qui s’engagent. Il faut que nous ayons une ligne claire de développement.

Comment expliquez-vous que de nombreux licenciements aient été annoncés récemment ?
Aujourd’hui, le secteur du photovoltaïque procède à des licenciements car l’Etat a revu brutalement une décision avec le moratoire de 2010. Cette décision n’est pas réellement mauvaise. Le but était de stopper la spéculation. Nous répondons que nous ne sommes pas des spéculateurs, mais des industriels. Il ne faut pas confondre la bulle spéculative et l’industrie que l’on doit mettre en place.

Dans nos propositions, nous expliquons que nous pourrions atteindre les 20 GW en 2020, et cela permettrait de créer 100 000 emplois. Or c'est ce dont nous avons besoin en France: dynamiser notre économie, créer des emplois, et raviver notre industrie.

En juillet dernier, il y a eu le lancement du label français, l’AQPV. Il apporte une vraie sécurité sur la qualité de l’approvisionnement.  Il ne doit pas servir uniquement à la France mais également pour exporter un produit différenciant. Dans le domaine du solaire, il est important de travailler sur le rééquilibrage de la balance commerciale. C’est la raison pour laquelle il paraît essentiel de créer des emplois d’industrie pour contreblancer ce déséquilibre.

Quel retour attendez-vous de la part des pouvoirs publics alors que nous entrons en plein période préélectorale ?
Nous avons besoin d’une reconnaissance qui nous permette de développer notre industrie, et d’une feuille de route pour la relancer. Nous ne sommes pas là pour demander des subventions qui viendraient appuyer la spéculation financière.

Je suis persuadé que la France a une carte à jouer dans ce formidable marché du solaire. Le marché mondial est considérable, faut-il en priver notre économie ? Incitons nos entreprises à développer, à participer énergiquement à ce défi du solaire, à faire en sorte qu’on rentre dans la compétition pour le marché de l’export.
 

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