Dans un entretien exclusif accordé à L’Usine Nouvelle, le nouveau PDG de DHL Express France, Michel Akavi, le leader du transport express en France, pointe un différentiel de coût anormal avec l’Allemagne.
En plein débat sur la compétitivité, Michel Akavi, PDG de DHL Express France depuis juillet dernier, ne mâche pas ses mots. Pour lui, "la France a les plus grosses charges sociales au monde et les coûts de revient les plus élevés d’Europe, malgré une très forte productivité".
Il ne compare pas la situation du transport express avec celle de la Roumanie. "Là-bas, la productivité est quatre fois plus faible…" Là, où le bât blesse, c’est dans la comparaison avec notre voisin allemand. Aujourd’hui, "la différence, incluant les salaires, les charges et les différentes taxes, est de 20 à 25 %". Même sur la logistique du e-commerce, les principaux hubs ne se trouvent pas en France…
En tête sur le marché français
Pas question, en revanche, de s’attaquer à la durée légale du temps de travail. "Nos métiers demandent beaucoup d’énergie. Quand on travaille trop longtemps, on n’est plus productif." Pas question non plus de critiquer la mise en place de l’écotaxe. DHL défend une politique environnementale basée sur le développement de flottes de véhicules électriques. "L’écotaxe n’est pas une mauvaise chose. Il faut une législation qui vous force la main."
La filiale française du groupe Deutsche Post DHL se porte plutôt bien. Uniquement positionnée sur le transport express international, elle est très nettement en tête sur le marché français avec 28 % de parts de marché et un chiffre d’affaires de 480 millions d’euros. Un chiffre d’affaires stable en 2011 et en 2012, malgré la conjoncture et en dépit des soubresauts liés à l’abandon de l’activité messagerie nationale.
"L’an prochain, nous comptons repartir à la hausse avec une politique agressive", prévient Michel Akavi. Cette année, l’entité française aura traité 20 millions de colis, soit une progression de 3 à 4 %, ce qui signifie que les prix ont baissé. La conjoncture est difficile, mais la baisse des échanges en Europe (B to B) est compensée par l’Asie, en import, mais aussi pour les exportations (cosmétiques, luxe, mode…). Sans oublier l’Afrique et l’Amérique latine.
Pour Michel Akavi, la France doit mettre l’accent sur les exportations. "Il faut que l’Etat ait une politique axée sur les exportations hors de l’Europe. Les ambassades doivent consacrer 80 % de leur temps à faciliter les exportations des entreprises françaises."









