La France a continué d’attirer les investissements productifs étrangers en 2013

Par  - Mis à jour le 30 avril 2014, à 11h40 - Publié le
Carte Usines de France - Vignette

Malgré le French bashing ambiant, l’investissement des étrangers en France ne se dément pas avec près de 30 000 emplois créés ou sauvés en 2013. Les activités de recherche et d’ingénierie comme de production sont en hausse. En revanche, la situation est moins reluisante pour attirer des centres de décisions et nos contributeurs traditionnels l’Allemagne et les US manquent d’appétit pour le site France.

Qu'a donné la dernière saison des investissements étrangers en France ? Un résultat correct, selon les derniers chiffres de l’Agence Française des investissements internationaux (AFII) qui remettait ce mardi 29 avril au matin son rapport annuel. Alors que l’attractivité de la France est régulièrement brocardée dans la presse française et internationale, le nombre d’investissements est quasi stable en 2013 (685 contre 693 en 2012) et le nombre d’emplois créés ou sauvés grâce à ces projets a bondi de 26 000 en 2012 à près de 30 000 en 2013. "C’est une année robuste dans un contexte difficile", estime Serge Boscher, directeur général de l’AFII. L’inclinaison de GE pour Alstom montre d’ailleurs que la base productive française peut susciter de solides appétits. Cette opération si elle se réalisait ne rentrerait pas toutefois dans les statistiques de l’AFII, qui ne prend en compte que les ouvertures, extensions de sites ou reprises d’entreprises en grande difficulté. Celles qui sont fragiles mais saines comme Alstom relèvent des investissements financiers.

La France, une base pour concevoir et produire

L’analyse des projets étrangers montrent que les activités de conception (recherche et développement, ingénierie, design) sont très dynamiques avec une progression de 33 % passant de 58 projets à 77 en un an. Le japonais Toray a ainsi implanté un centre de R&D sur les applications de fibre de carbone en Aquitaine qui devait employer une cinquantaine de personnes, IBM développe un centre européen de services technologiques à Lille pour créer 700 emplois et le joailler Chinois Shenzen TTF a implanté son siège européen à Paris pour y déployer une équipe de design.

L’attractivité du crédit impôt recherche ne se dément pas et la qualité des compétences françaises est reconnue. De leur côté, les projets de production qui étaient en baisse depuis 2010 repartent à la hausse, suite à quelques opérations emblématiques de reprise comme deux usines de Rio Tinto par l’allemand Trimet ou la papeterie d’Alizay par les Thaïlandais Advance Agro LTD. Ces reprises de site ou les nouveaux projets de production comme l’usine de construction de tracteurs agricoles par le Japonais Kubota près de Dunkerque sont ceux qui sont le plus contributeur à l’emploi. Du côté de services les points de vente opèrent aussi un bond car les étrangers comme Marks & Spencer ou Primark (Irlandais) misent sur la robuste démographie française et sa dimension de carrefour touristique.

Enfin, en terme de secteurs d’investissements, le numérique est en 2013 comme en 2012 et 2011, celui qui porte le plus grand nombre de projets.

Des risques identifiés

Mais tout n’est pas rose dans le domaine des investissements étrangers. "Nous perdons du terrain sur nos 'comptes clés' que sont les américains et les allemands", prévient Serge Boscher. En effet l'effort en provenance de nos deux premiers contributeurs traditionnels est en baisse, même s’il est compensé par ceux venant les émergents ou d’autres pays européens comme la Belgique ou le Royaume-Uni. Second souci à plus long terme, la faiblesse des centres de décision et en particuliers des quartiers généraux européens qui s'installent dans l'Hexagone : -58 %, passant de 12 en 2012 à 5 en 2013. C’est probablement l’environnement général des affaires qui joue. Selon l’enquête Sofres réalisé par l’AFII, la France est perçue comme présentant des faiblesses en matière de droit du travail, de complexité règlementaire et d’instabilité fiscale. Des sujets qui ne devraient pas surprendre l’exécutif.

Mettre de l’ordre dans l’organisation pour renforcer l’attractivité

L’AFII veut argumenter sur le terrain à travers son réseau et via des campagnes de communication sur les éléments de compétitivité de la France et tordre le coup à certaines idées reçues. "Qui sait que nous avons l’une des meilleures productivité horaire d’Europe ?", s’insurge Serge Bloscher. Une campagne de communication de 15 millions d’euros a aussi été actée pour valoriser les atouts de la "French Tech". Mais pour organiser tous ces chantiers, l’organisation tarde un peu à se mettre en place. La fusion d’AFII et d’UbiFrance qui permettrait de couvrir un plus grand nombre de pays est en suspens depuis que la présidente de la nouvelle entité, Véronique Bédague, difficilement nommée, est partie diriger le cabinet de Manuel Valls. Et la nouvelle marque France qui unifierait l’ensemble des dispositifs, annoncée depuis des mois est toujours "en arbitrage au gouvernement". Si elle veut vendre sa nouvelle ambition de simplification, la France pourrait commencer par accélérer et simplifier ses propres procédures internes.

Anne-Sophie Bellaiche


Rapport Annuel 2013 Bd by L'Usine Nouvelle

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