LA FIN DE MEGAUPLOAD STOPPE UNE LOI ANTIPIRATAGE
Par EMMANUELLE DELSOL - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3269Hasard ou préméditation ? La fermeture, le 19 janvier, du site de téléchargement MegaUpload - le 13e site le plus visité au monde - est arrivée à point nommé pour conforter les opposants à deux propositions de lois américaines antipiratage sur internet : Sopa (Stop Online Piracy Act) et Pipa (Protect Intellectual Property Act). Ces textes visent à supprimer tout site sur lequel serait publiée une oeuvre piratée, ainsi que toute indexation le concernant dans un moteur de recherche et tout revenu publicitaire attenant. Et ce, y compris hors des États-Unis. Une méthode que même Barack Obama a jugée inacceptable. En chargeant le FBI d'arrêter, manu militari, les dirigeants de MegaUpload et de saisir leurs serveurs, le président américain a démontré sa capacité à lutter contre le piratage, même sans ce type de loi. Les sénateurs ont décidé de repousser leur vote, peut-être sous la pression des géants du web. Google, Facebook, eBay, Microsoft et consorts ont participé, le 18 janvier, à une journée anti-Sopa. En guise de symbole, Wikipedia a interrompu son service et affiché une page d'accueil en deuil. Il existe « un vrai risque de dégrader la puissance de la plate-forme d'innovation qu'est internet », confirme Henri Verdier, le président du pôle de compétitivité Cap Digital. D'abord, en autorisant un juge américain à fermer un site pirate à l'étranger. Mais aussi en agissant au niveau des serveurs racines de l'internet, tous contrôlés par les États-Unis.On prend ainsi le risque de dérégler des parties du web que l'on ne voulait pas toucher.











