La fin de la bataille sur Parmalat en vue pour Lactalis
Publié lepar Antonella Ciancio
MILAN/PARME (Reuters) - Le groupe laitier français Lactalis doit prendre ce mardi le contrôle de son concurrent italien Parmalat, après des mois de bataille contre le gouvernement italien, qui souhaitait conserver l'un de ses fleurons agroalimentaires sous capitaux nationaux.
L'entité qui résultera du rapprochement Lactalis-Parmalat sera leader mondial des produits laitiers.
"Lactalis va prendre le contrôle du conseil d'administration, ce qui lui permettra d'imposer sa stratégie au groupe", a déclaré un analyste milanais, sous couvert de l'anonymat.
"Il y a eu en Italie une bataille verbale, mais c'est le marché qui l'a emporté", a-t-il ajouté.
Lactalis a lancé une offre sur l'ensemble de Parmalat, et la part de 28,97% du capital accumulée depuis mars devrait lui donner suffisamment de poids lors de l'assemblée générale de mardi pour emporter une majorité au conseil d'administration.
Il n'en reste pas moins que le sujet est sensible en Italie, après l'absorption en mars du joaillier Bulgari par LVMH, et avec la perspective d'une éventuelle prise de contrôle d'Edison par EDF.
De plus, la presse a évoqué un intérêt de BNP Paribas pour Banca Popolare di Milano.
UN PATRON SUR LE DÉPART
L'assemblée générale de mardi représentera également un tournant pour Parmalat dans la mesure où elle marquera la fin du règne de sept ans de l'administrateur délégué Enrico Bondi, figure du patronat italien considérée comme un redresseur d'entreprises en difficulté.
Âgé de 76 ans, Enrico Bondi devrait quitter l'entreprise, ayant perdu le soutien de l'actionnaire Intesa Sanpaolo, qui n'a pas opposé de contre-offre italienne à celle déposée par Lactalis.
Enrico Bondi avait été critiqué pour sa politique conservatrice en matière de dividende, et pour ne pas avoir consacré les réserves de liquidités de 1,4 milliard d'euros à l'acquisition de nouvelles cibles.
Parmi les remplaçants potentiels, la presse et les analystes italiens ont évoqué Franco Tato, ancien administrateur délégué d'Enel, et Antonio Sala, patron de Lactalis Italia.
En promettant de garantir l'emploi et de maintenir le siège de Parmalat en Italie, Lactalis s'est assuré du soutien des syndicats transalpins.
Le français a proposé 2,6 euros par action pour acquérir les 71% de Parmalat qu'il lui manque, soit un montant total de 4,3 milliards d'euros. L'offre court jusqu'au 8 juillet, mais le conseil d'administration de Parmalat l'a jugée inéquitable.
Prendre le contrôle de ce conseil simplifierait donc considérablement la tâche du groupe français.
Gregory Schwartz pour le service français, édité par Danielle Rouquié
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