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La filière pétrolière, un épouvantail en France

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Barils de carburant
© StormPetrel1 - Flickr - C.C.

Le député François-Michel Gonnot s’inquiète de la tournure que prend la réforme du code minier. Selon lui, l’Etat délègue ses prérogatives à des associations de citoyens et risque de faire fuir les investisseurs étrangers.

Le 29 janvier, François-Michel Gonnot, député honoraire de l’Oise et président du club Energie & Développement, animera son 10e colloque. La journée de débats sera axée sur les coûts et les financements de la transition énergétique. "C’est une thématique décalée, peu abordée, car c’est le sujet le plus difficile", explique l’ancien parlementaire. En amont de l’évènement, François-Michel Gonnot s’interroge sur la place des énergies renouvelables, la fermeture de la centrale de Fessenheim, l’innovation en matière d’efficacité énergétique… Mais son discours s’enflamme vraiment quand on aborde le sujet des hydrocarbures.

"A travers le débat sur les gaz de schiste, on fait de l’industrie pétrolière un épouvantail en France", déplore-t-il. Même si la production française est très faible, le député considère la France comme un pays pétrolier avec une exploitation réelle dans plusieurs départements. Celle-ci pourrait prendre de l’ampleur si le potentiel offshore de la Guyane se confirme. Or, dans l’Hexagone, non seulement la fracturation hydraulique, nécessaire à l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste, a été interdite mais même les projets d’exploitation d’hydrocarbures sont en souffrance. 21 permis sont en attente de signature chez les ministères de l’Environnement et du Redressement productif, tandis qu’une centaine de demandes tardent à être examinées.

"Nous avons la chance d’avoir des pétroliers français et étrangers qui croient à une exploitation en France", se félicite François-Michel Gonnot. Le député dénonce cependant la réforme en cours du code minier. La réforme de ce code désuet lui apparaît nécessaire mais la voie prise l’inquiète. "Il y a un risque réel de faire disparaître toute exploration et production du territoire", juge-t-il, faisant référence à la mise en place de mécanismes de consultations publiques rendant l’activité très consommatrice de temps et d’argent. "Le sous-sol français appartient à l’Etat et l’Etat est en train de déléguer ses droits à des associations de citoyens", s’attriste François-Michel Gonnot.

Un des moyens d’améliorer l’acceptation de l’industrie pétrolière en France passe, selon lui, par une meilleure répartition de la redevance de l’exploitation pétrolière en France. En 2010, elle a représenté 22 millions d’euros pour le pétrole et 6,25 millions d’euros pour le gaz. Ces sommes reviennent aujourd’hui presque intégralement à l’Etat. Une partie devrait être reversée aux collectivités locales qui hébergent les exploitations pétrolières, défend le député. Une évolution qui pourrait devenir un argument fort en faveur de l’industrie pétrolière : cette redevance pourrait représenter des centaines de millions d’euros avec l’exploitation du pétrole guyanais et celle des hydrocarbures de schiste en métropole.

Ludovic Dupin

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