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"La filière nucléaire n'a pas besoin d’un chef de file" dixit Christophe de Margerie (Total)

Le 20 avril 2010 par Ana Lutzky
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Le 21 mai, avec le départ du président Thierry Desmarest, Christophe de Margerie sera seul maître à bord du vaisseau Total. Il s’est exprimé ce matin à la radio sur les raffineries et la filière nucléaire françaises.

Le nuage islandais? Rien de bien méchant pour les raffineries françaises. « Ce qui compte pour nous maintenant, c'est d'assurer la logistique qui est nécessaire, pour faire passer du carburant qui se trouve aujourd'hui par exemple à Paris et de l'emmener sur des aéroports comme ceux du midi et du sud de la France », a affirmé au micro d'Europe 1 Christophe de Margerie, interrogé sur les conséquences du désordre du transport aérien. Il faudra réduire la production de certaines unités et en augmenter d’autres (celles qui produisent du diésel), mais « c'est faisable », a indiqué le directeur général (DG) de Total. Le 21 mai, il passera de directeur général à président directeur général (PDG) du groupe pétrolier.

Les livraisons annuelles de kérosène aux aéroports français représentent 7,6 millions de mètres cubes, dont 6 millions pour les aéroports parisiens de Roissy et Orly, soit une consommation de 120.000 mètres cubes par semaine pour ces deux seuls aéroports parisiens, avait indiqué lundi l'Union française des industries pétrolières. Total, qui possède six raffineries en France, livre chaque année un volume de 10 tonnes de "jet-fuel" aux aéroports français.

Avenir des raffineries

Interrogé sur la table ronde organisée sur le raffinage chez le ministre de l’Environnement et de l’Energie Jean-Louis Borloo, Christophe de Margerie a expliqué : « La demande baisse. On est obligé de s’ajuster ». « Le raffinage c’est le cœur des activités du groupe. Chez Total, on ne se bat pas contre le raffinage, on s’adapte à la demande », a-t-il néanmoins ajouté. « Nous ne vendrons, ni ne fermerons aucune raffinerie, après que quelque chose ait été décidé pour Dunkerque et ça c'est un engagement fort », a-t-il par ailleurs réaffirmé.

Unité britannique de Lindsey

Interrogé sur l’avenir de sa raffinerie de Lindsey en Grande-Bretagne, le patron du groupé pétrolier a répondu : « On a besoin de la vendre, oui on peut dire ça comme ça ». Explication : la nécessité de « s’assurer que ce que l’on a va durer le plus longtemps possible sans heurts pour faire face à la demande », a-t-il justifié, soulignant que toute internationale qu’elle est l’entreprise emploie 40.000 personnes et paie « plusieurs milliards » d’euros d’impôts en France.

Nucléaire

Enfin, à la question « Faut-il un chef de file ? » pour l'industrie nucléaire française, le directeur général a répondu : « Non. Le chef de file, c’est le meilleur pour vendre une technologie française à l’étranger de manière compétitive ». En ce sens, EDF et Areva se situent selon lui à des niveaux différents : « EDF c’est un investisseur fabricant, Areva est un superbe centre technologique pour développer un pilote ». Le rapport Roussely sur la filière doit être remis incessamment sous peu au gouvernement.

Lire aussi :
Raffineries dans la tourmente : industriels et syndicats autour de la table
Le problème des raffineries françaises
La carte des (12) raffineries françaises
(celle de Mardyck a été fermée depuis)
Esso à la peine avec ses raffineries
Petroplus veut vendre la raffinerie de Reichstett

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