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La filière éolienne en ordre de bataille à Amiens

Par Ludovic Dupin - Publié le
Eolienne Siemens
© D.R.

Les 7 et 8 décembre à Amiens, se tiennent les "1ères rencontres Windustry France". L’opportunité pour la filière éolienne française de faire un point sur l’état des forces en présence à quelques mois de l’attribution du premier appel d’offres offshore dans le pays.

Contraste au centre des expositions Mégacité à Amiens ce mercredi 7 décembre. A l’extérieur, une cinquantaine de manifestants crient leur opposition à l’éolien offshore. Des "la mer aux marins" et "éoliennes, corruption" sont scandés sous le regard inquiet du service d’ordre.

A l’intérieur, 450 personnes assistent à l’inauguration des "1ères rencontres Windustry France" où les officiels de Picardie s’auto-congratulent du succès de la filière éolienne dans leur région… A juste titre d’ailleurs, puisque la Picardie compte 968 MW des 6 500 MW installés en France, ce qui représente 1 200 emplois et concerne 70 entreprises.

Windustry France est une initiative du syndicat des énergies renouvelables (SER) lancée en 2009. L’organisme souhaitait recenser l’ensemble des acteurs concernés par l’éolien en France. Il en dénombre 140 à l’époque (180 aujourd’hui), "auxquelles s’ajoutent 150 entreprises qui se disent intéressés par une position dans au moins une des 11 grands composants d’une éolienne (multiplicateur, contrôle commande, pâles…)", explique Marion Lettry, déléguée générale adjointe du SER.

Pour le SER, ces résultats prouvent qu’il existe une vraie filière éolienne française. Elle emploie 11 000 personnes (dont 50 % dans l’industrie) et un potentiel de 60 000 postes est atteignable pour 2020. Le syndicat décide donc de créer un réseau des entreprises de l’éolien, baptisé Windustry France.

Son but est de faciliter la mise en relation des acteurs de l’énergie du vent. Ainsi, ce 8 décembre 2011, sont organisées les premières rencontres windustry, pendant lesquelles 1 200 rendez-vous d’affaires sont programmés entre les donneurs d’ordres et les fournisseurs. "Un succès en soit", juge Jean-Pierre Bal, le président du SER.

Nicolas Wolf, Président de France Energie environnement, met un bémol : "Nous assistons à un beau dynamisme de la filière, mais elle a besoin de projets pour avancer. Or le troisième trimestre 2001 marque une baisse des taux d’obtentions de permis de construire de - 30 % au troisième trimestre 2011, par rapport à 2010".

Appel d'offres en cours

Heureusement, la filière a un gigantesque projet en ligne de mire. Une perspective qui a alimenté les conversations des 450 participants. Le gouvernement a lancé l’appel d’offres pour la construction de 3GW d’éolienne offshore sur cinq sites de la face maritime nord ouest de la France, l’été dernier.  Les candidats devront remettre leurs offres le 12 janvier 2012.

Pour l’heure, trois groupements se sont déclarés. Le premier compte EDF Energies et Alstom, le deuxième Areva et Iberdrola, le troisième Areva, GDF Suez, Vinci et Eon. Intervenant dans un message enregistré, la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, affirme que les résultats seront connus fin avril avant la présidentielle et, qu’à cette occasion, le second appel d’offres pour 3GW supplémentaires sera annoncé.

Les résultats de premier round dépendent à 40 % du pan industriel de chaque projet (un autre 40 % pour le prix du kWh et 20 % pour l’écologie et les écosystèmes). Aussi, Areva se propose de construire une usine au Havre, tandis qu’Alstom imagine deux sites industriels à Saint-Nazaire et Cherbourg.

Toutefois, Areva affirme que cet investissement ne se justifiera que s’il remporte 1,2 GW de l’appel d’offres, Alstom fixe le seuil à 1,5 GW. Si l’Etat accepte ces conditions, l’les experts présents s’inquiètent que Bruxelles ne voit pas d’un bon œil le partage de ce contrat entre les deux champions français

Avec cette installation, les deux industriels se disent capables de servir le marché français, le marché européen (environ 30 GW d’ici 2020), voire une partie de la demande mondiale.

A Amiens, Ludovic Dupin

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1 réaction

electronvert | 08/12/2011 - 10H02

Eolien : 5.000 associations lancent un appel à la Commission de Régulation de l'Électricité

La Fédération Environnement Durable,totalement opposée à l'éolien, a cosigné l'appel à M. Philippe de Ladoucette Président de la Commission de Régulation de l'Énergie (CRE), lancé par 5000 associations de l'environnement et du patrimoine reparties sur l'ensemble du territoire français (1).

Initié par l'Association de l'Allier Adermob, cet appel solennel demande à la CRE d'exercer le contrôle détaillé des sociétés de production d'électricité éolienne ainsi que des mouvements financiers transitant par leurs maisons mères, et d'en tirer toutes les conséquences.

Des copies de cet appel ont été adressées à M. Proglio Président d'EDF, à M. Didier Migaud Président de la Cour des Comptes et aux Commissaires Européens chargés notamment de la concurrence et de la fiscalité.

Cette démarche a pour objectif d'alerter les pouvoirs publics sur les pratiques obscures de la filière éolienne et de dénoncer l'explosion des taxes telles la Contribution au Service Public de l'électricité(CSPE), une parafiscalité préoccupante par apport au service rendu qui pénalise lourdement les factures d'électricité des ménages alors que 3 millions d'entre eux ne peuvent plus la payer.

Certains actionnaires d'EDF seraient même en droit de s'interroger sur la légitimité de ce procédé qui dégrade le résultat d'exploitation de cette entreprise. Celui-ci est en effet basé sur un artifice temporaire de minoration du budget de l'État pour un montant de 12 milliards d'euros en augmentation de 300% en deux ans, sans contrepartie, ce que les agences de notation mettront en évidence tôt ou tard.

La Fédération Environnement Durable rappelle qu'elle a alerté officiellement tous les députés et les sénateurs par une lettre du 15 novembre 2011 (2) et demandé l'arrêt immédiat des niches fiscales de 7 milliards d'euros par an dont bénéficie la filière éolienne

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