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La filière du nautisme se redresse grâce aux pays émergents

Par Adrien Cahuzac - Publié le
Bénéteau
© D.R.

L’industrie nautique reprend enfin des couleurs, après des années noires. Les immatriculations de bateaux ont progressé de près de 2 % sur la saison 2010/2011. Un chiffre qui devrait donner de l'optimisme aux industriels présents au Festival de la plaisance de Cannes qui ouvre ses portes aujourd'hui.

On est encore loin des croissances des années 2005-2007, mais la tendance est là. Le secteur nautique renoue enfin avec des ventes en hausse après 3 années de crise. Selon les premières tendances de la Fédération des industries nautiques (Fin), les immatriculations de bateaux ont progressé de près de 2 % sur la saison 2010/2011, contre une baisse de 3,7 % à 18 125 unités en 2009/2010. Ce sont principalement les bateaux à moteurs qui ont tiré le marché, avec une progression de 3 %, contre -3,1 %, à 13 252 unités il y a un an.

Les deux grands salons de septembre, à Cannes et La Rochelle (Le Grand Pavois) devraient permettre de vérifier ces tendances. Pourtant, de l’avis des professionnels, le marché se retrouve face à une nouvelle inconnue. Le secteur essuie encore "des pertes sur les zones en difficulté comme l'Espagne ou les pays scandinaves, mais le côté positif ce sont les pays émergents qui se dotent d'équipements nautiques" comme la Chine ou le Brésil, explique Jean-François Fountaine, président de la Fédération des industries nautiques (Fin). Sur les marchés traditionnels, "la reprise se fait attendre aux Etats-Unis ou en Italie", mais l'Allemagne et la France se démarquent favorablement, ajoute-t-il.

Une évolution qualitative du marché

"Aujourd'hui, alors que les industriels français exportent environ les deux tiers de leur production, l'international reste un véritable enjeu", insiste Yves Lyon-Caen, président du conseil de surveillance du groupe Bénéteau, et vice-président de la Fin. Pour poursuivre sur cette voie, les industriels ont "des efforts d'adaptation à faire, sur le design notamment, car certains marchés n'acceptent pas les produits européens spontanément", a-t-il ajouté.

Avec la crise, le marché s’est modifié qualitativement, reconnaissent les professionnels. "Les prix du neuf ont baissé, à équipements équivalents, comme dans l’automobile", souligne la Fin. Les bateaux sont aujourd’hui de plus en plus perfectionnés, avec un confort sensiblement amélioré. "La clientèle, qui s’est rajeunie, veut aujourd’hui le même confort et équipements que ceux qu’elle possède à la maison", ajoute la Fin. Des exigences qui se retrouvent aussi sur le marché de la location. Même si les flottes se sont réduites avec la crise, les loueurs pèsent entre 10 et 20 % du chiffre d’affaires de fabricants de monocoques et jusqu’à 40 % pour les fabricants de multicoques. Un marché qui devrait se renforcer dans les prochaines années.

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