La "Ferrari" d'Alstom enfin sur les bons rails
Par Olivier Cognasse - Publié le
NTV, l'opérateur privé italien va inaugurer le 13 décembre prochain sa première rame AGV avant la commercialisation en début d'année. Alstom compte sur cette vitrine pour vendre son dernier train à grande vitesse. A quelques jours de cette inauguration officielle, L'Usine Nouvelle s'est rendue sur le site d'assemblage en Italie.
L'usine piémontaise de Savigliano rappelle une autre époque de l'industrie. Ce site italien, devenu Alstom Transport en 2000, est totalement inséré dans la ville. Une église et des immeubles d'habitations sont aux portes d'une unité de production de 1 100 salariés. A l'intérieur, trône le fameux AGV Italo aux couleurs Ferrari. Et plus précisément, le rouge d'origine…
Sur les 25 rames (plus 10 en option) commandées par l'opérateur privé italien Nuovo Trasporto Viaggiatori (NTV), huit sont fabriquées dans cette usine. Les dix-sept autres sont produites dans l'usine d'Aytré (Charente-Maritime). Un contrat d'1,5 milliard d'euros pour l'achat des rames et la maintenance durant trente ans, une condition déterminante dans le choix d'Alstom.
NTV est le premier opérateur privé sur la grande vitesse en Italie. Cette entreprise fondée entre autres par Luca di Montezemolo, le patron de Ferrari, est détenue à 20 % par la SNCF. Cette compagnie veut se démarquer de Trenitalia, avec la qualité de son service : satellite, UMTS, WiFi, repas de qualité, télévision en direct,…
Giuseppe Sciarrone, le directeur général de NTV, tempère les comparaisons avec la voiture de luxe. "Italo n'a rien à voir avec une Ferrari. C'est un train pour tout le monde."
Si NTV inaugure sa première rame le 13 décembre prochain, le lancement commercial aura lieu début 2012. Les autres rames seront livrées entre janvier et septembre prochain pour circuler sur deux lignes : de Turin à Salerne et de Rome à Venise.
Alstom mise beaucoup sur cette vitrine pour vendre ce train à très grande vitesse qui n'a pas encore trouvé d'autres acheteurs. Henri Poupart-Lafarge, le président d'Alstom Transport vise la Russie et le Brésil à défaut de la France.
La SNCF veut des rames Duplex si elle passe de nouvelles commandes. D'où l'AGV 2. Alstom Transport ne nie pas ce projet. Son nouveau président reconnait que l'entreprise "réfléchit et étudie l'intérêt ou non de développer un train de deux étages avec une motorisation répartie."
L'usine de Savigliano produit les fameux Pendolino, héritage des années Fiat. Présents dans une douzaine de pays, ils n'ont pas encore trouvé preneur sur le marché français. La SNCF semble allergique à cette technologie qui permet de faire circuler les trains sur des lignes classiques à une vitesse nettement supérieure dans les courbes (+ 20 à + 30 %). Ce n'est pas le cas de l'opérateur britannique Virgin Trains qui va recevoir sa 56ème rame. Pour les dirigeants d'Alstom, c'est "avant tout un choix politique de développement". Son nouveau président, Henri Poupart-Lafarge précise qu'il y "a actuellement des débats économiques en France sur ce sujet". L'état des finances ne permettra en effet pas de développer toutes les lignes à très grande vitesse prévues ou souhaitées. Un Paris-Le Havre en Pendolino a déjà été évoqué par certains élus. Et pourquoi ne pas remplacer les Corail à bout de souffle par un tel matériel.

Devant l'AGV Italo et le Pendolino de Virgin Trains, de gauche à droite : Giuseppe Sciarrone le directeur général de NTV, Henri Poupart-Lafarge, le président d'Alstom Transport et Tony Collins, le directeur exécutif de Virgin Trains.

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