TRIBUNE L’univers de la dématérialisation des flux d’information, porté par des innovations technologiques de rupture et un marché en forte demande, semble être une industrie difficile à appréhender. Pourtant, placée au service des autres secteurs de l’économie et de leur performance, elle pourrait bien être une des clés de la compétitivité retrouvée des industries françaises.
Regroupant des acteurs de solutions technologiques et des prestataires de services externalisés orientés vers le métier des entreprises, le marché de la dématérialisation devrait approcher 4.7 milliards d’euros en 2013, soit une croissance moyenne annuelle de 15% par an depuis 3 ans.
Initiée au début des années 2000, l’industrie de la dématérialisation en France est encore fortement portée par le besoin de s’affranchir des formats papier pour gagner en productivité. Aujourd’hui, les nouveaux enjeux liés à la demande accrue de mobilité des acteurs, à l’internationalisation des échanges, à la recherche constante de productivité et de réduction des coûts, font passer cette industrie récente dans une nouvelle ère : celle de l’e-dématérialisation.
Cette accélération est la résultante de 2 facteurs principaux :
-un contexte législatif favorable et normé, venant installer un cadre de confiance numérique permettant d’entourer les pratiques et inhiber les risques majeurs ;
-le développement des technologies d’identité et de conservation numérique qui entrent aujourd’hui dans une phase de maturité.
Un contexte législatif favorable
Porté par les évolutions législatives et règlementaires qui permettent, voire imposent, le format numérique dans les échanges, le marché devrait poursuivre sa croissance rapide. Les premières lois incitatives remontent aux années 2000 : tout d’abord, la loi LEN pour la confiance dans l’économie numérique, mais aussi et surtout la loi du 13 mars 2000 qui reconnait à un écrit d’origine électronique la même valeur juridique qu’un écrit d’origine papier.
Depuis, cette évolution législative élargit progressivement son rayon d’action. Elle renforce désormais l’usage de la dématérialisation dans les relations commerciales (dématérialisation fiscale des factures, contrat électronique, télédéclarations…). Parallèlement, elle encadre les pratiques liées aux relations employeur–employés comme la dématérialisation du bulletin de paie.
Des innovations constantes
La dématérialisation s’appuie depuis plusieurs années sur des processus industriels performants, supportés par de véritables « machines outils ». Le traitement de documents géré manuellement il y a encore 10 ans est aujourd’hui effectué sur des chaînes industrielles, numérisant plusieurs centaines de documents chaque minute.
Cette première révolution technologique a permis d’industrialiser des tâches chronophages, par un process externalisé, mutualisant les besoins similaires d’un secteur d’activité.
Aujourd’hui, la dématérialisation évolue pour intégrer des processus de numérisation à la source, depuis divers types de matériels comme les copieurs et scanners multi-fonctions répartis sur plusieurs sites.
A la source ou massivement centralisée, elle s’appuie sur une chaine globale du traitement des flux numérisés, ayant permis une réduction significative des coûts, une automatisation des traitements, ainsi qu’une sécurité accrue des opérations d’archivage.
Autre preuve du dynamisme technologique de ce secteur, les technologies de signature électronique des documents et de traçabilité des échanges se sont développées parallèlement aux évolutions favorables du cadre législatif. Devenus indispensables à la dématérialisation des documents contractuels ou de gestion, elles permettent d’établir et conserver au format numérique non seulement les documents, mais également les éléments permettant de garantir leur valeur probatoire dans ce format.
Vers de nouveaux usages
La demande croissante de mobilité des acteurs, supportée par les innovations technologiques, nécessite un accès de plus en plus permanent et à distance à un ensemble d’informations sécurisées. La montée du Cloud Computing, cette bibliothèque virtuelle et privée accessible à tout moment, en est la conséquence directe.
L’e-dématérialisation quant à elle va continuer d’apporter des gains de productivités supplémentaires, rationnalisant encore chaque étape de la chaine de traitement du document, tout en permettant de coller au plus près des exigences de consommation et des modèles de relation client.
Les pratiques autour des échanges de documents nativement électroniques vont alors se développer, plébiscitées d’un côté par le grand public de plus en plus équipé de supports digitaux (tablettes, smartphones,…), poussées de l’autre par une intégration des applications de dématérialisation de plus en plus naturelles et sécurisées aux systèmes d’information des entreprises.
En optimisant les processus d’échange et de circulation des données, la dématérialisation fait entrer le monde des industries, des services et des administrations dans une ère nouvelle, synonyme d’organisations plus agiles et plus compétitives.
Eric Jamet, directeur marketing et communication de Tessi documents services









