La demande dévisse
Le 18 décembre 2008 par Daniel Krajka | L'Usine Nouvelle n° 3128La baisse de l'activité entraîne un reflux de la consommation et la chute des cours.
Pour la première fois depuis trente ans, la demande mondiale de pétrole devrait enregistrer en 2008 et 2009 deux baisses consécutives, estime le département américain de l'Energie. La demande globale devrait reculer de 500 000 barils/jour (b/j) cette année, et de 450 000 b/j l'an prochain. « Au début de l'année, une forte augmentation de la demande des pays hors OCDE, probablement amplifiée par des pannes d'électricité dans les marchés émergents, a entraîné une rapide hausse des cours du pétrole qui, à son tour, a accéléré le déclin de la demande de l'OCDE pour, en fin de compte, aider à rééquilibrer le marché », explique Jeffrey Currie, de Goldman Sachs.
La consommation des Etats-Unis devrait en particulier tomber à son plus bas niveau depuis onze ans, ayant déjà reculé de 1,2 million de b/j en 2008. Si, officiellement, l'Agence internationale de l'énergie ne table plus que sur une hausse de la demande de 440 000 b/j en 2009, son directeur, Nobuo Tanaka, admettait en marge du sommet de Poznan qu'elle pourrait encore reculer.
Pas de remontée avant fin 2009-début 2010
La Deutsche Bank a encore une fois revu à la baisse ses estimations 2009 et ne table plus que sur une croissance de 0,2 %. Et lorsque l'économie mondiale enregistre un recul sensible, rappelle Jeffrey Currie, plusieurs baisses successives de la production des pays de l'Opep sont nécessaires pour influer sur le cours du baril. Il n'attend donc pas de remontée sensible des cours avant la fin 2009-début 2010. D'autant que d'importantes capacités de raffinage vont entrer en fonction en 2009 et 2010.
Considérant que l'Opep - qui devrait bientôt baisser ses quotas de 1,5 million de b/j - n'arrivera pas à enrayer la chute des cours avant la fin 2009, la banque allemande a révisé ses prévisions pour 2009, de 60 à 47,50 dollars. Le point bas devait être touché au 4e trimestre 2009, avec un cours moyen de 40 dollars. La reprise progressive de la croissance globale, et donc de la demande de pétrole, devrait ramener le prix du baril à 55 dollars en 2010, puis à 80 dollars en 2011.
Les marchés pétroliers se comportent de manière aussi erratique que ceux du fret en vrac, confirme Francisco Blanch, de Merrill Lynch. Il estime que « la conjugaison d'une inflation plus élevée et du renchérissement du loyer de l'argent pourrait ramener le prix du baril vers les 150 dollars d'ici à cinq ans, avec la reprise de l'activité ». .

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