La cyberdéfense doit devenir une priorité

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Cryptage informatique
© Patrick Hoesly - Flickr - C.C.

Alors que l'Elysée et le ministère de l'Economie ont été victimes de cyberattaques ces derniers mois, la sécurité informatique est élevée au rang de priorité nationale par un rapport présenté jeudi par le Sénat.

La sûreté des réseaux et systèmes informatiques représente un enjeu économique d'importance, notamment en termes de protection des secrets industriels comme en témoigne une intrusion récente dans les réseaux du groupe nucléaire Areva, estime le rapporteur, le sénateur Jean-Marie Bockel.

Aujourd'hui, la cyberdéfense française est assurée par l'Agence nationale de la sécurité et des systèmes d'information (Anssi), créée en 2009, et dotée d'un budget annuel de 75 millions d'euros. Un niveau loin d'atteindre les 750 millions d'euros sur quatre ans promis par David Cameron au Royaume-Uni en 2010, sans parler des 15 milliards de dollars d'appels d'offres lancés chaque année dans ce domaine par les départements de la défense et de la sécurité aux Etats-Unis.

Selon Jean-Marie Bockel, la France doit se mettre au niveau de ses partenaires, Américains, Allemands ou Britanniques, et ne pas se laisser distancer. "Ces efforts que je propose de faire , nos voisins les ont faits, par ailleurs en période de coupes budgétaires", a-t-il souligné lors de la présentation du rapport.

Le sénateur estime en effet qu'une plus grande implication financière de l'Etat permettrait d'éviter plusieurs dizaines de milliards d'euros de pertes liées à des attaques de cybercriminels.

Plusieurs pistes sont mises en évidence pour améliorer la cybersécurité en France et en premier lieu l'obligation de déclaration d'incident à l'Anssi en cas de cyberattaque, afin de mieux gérer la vulnérabilité de certains réseaux.

Pour Jean-Marie Bockel, entreprises et administrations ont aujourd'hui trop tendance à dissimuler les attaques pour des questions d'image, au détriment de la sûreté à long terme.

La proposition la plus sensible avancée par le rapport serait l'interdiction en France des routeurs de réseaux commercialisés par les deux groupes chinois d'équipements de télécoms Huawei et ZTE. En effet, les installations de gestion de flux de communication produits par ces entreprises chinoises sont accusées, notamment aux Etats-Unis, d'être en partie conçues pour pouvoir espionner les informations y transitant.

"Un bon niveau de partenariat doit être lucide. Or la plupart des attaques sont quand même chinoises", a affirmé Jean-Marie Bockel. Toutefois, les interdictions imposées outre Atlantique dans le domaine des routeurs ayant favorisé le groupe franco-américain Alcatel-Lucent, elles constituent aussi un risque de conflit commercial avec les autorités de Pékin.

Avec Reuters, par François Charlottin

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