La croissance est en lui !

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3297
Thibaut De Jaegher, directeur de la rédaction
© P.G.

Le premier moteur de notre développement, ce sont les entreprises et le moral de leurs dirigeants. C'est ce couple qui fabrique les points de PIB de la France.

Le chef d'entreprise est plutôt un animal costaud. Il sait encaisser les échecs, rebondir et est plutôt optimiste par nature. Pour qu'il se replie, qu'il resserre les boulons et se mette en position d'attente, il faut qu'il perçoive plusieurs signaux faibles, que sa conjoncture à lui (pas celle de l'Insee) ne soit pas bonne. Son banquier qui rechigne un peu plus que d'habitude à lui faire crédit, sa famille qui s'inquiète de sa prise de risque, un client à la peine... Tout cela nourrit son moral.

Et en ce moment, la tendance est plutôt à la baisse de forme. Il s'interroge, le patron : sur l'Europe, sur les prévisions de croissance de ses principaux marchés et surtout sur les intentions du gouvernement à son égard. Et ce n'est pas les dix ministres venus le saluer, lors de l'université d'été du Medef la semaine passée, qui auront suffi à le rassurer sur ce plan. S'il a entendu les paroles apaisantes de chacun d'entre eux, il attend de voir les actes pour juger sur pièce leur action.

Le chef d'entreprise veut savoir où il va et à quelle sauce - fiscale notamment - il va être mangé. Il se doute, comme l'a réaffirmé le ministre du Budget Jérôme Cahuzac au Medef, que ses revenus seront taxés un peu plus dans les mois qui viennent. Il est prêt à prendre sa part dans l'effort de redressement du pays, mais espère que l'exécutif fera un distinguo entre les patrons qui gagnent beaucoup d'argent mais le réinvestissent dans l'économie, et ceux qui le dépensent en futilités. Il espère également que certains dispositifs comme l'ISF PME ou le crédit impôt recherche seront pérennisés... histoire de ne pas grever encore un peu plus ses coûts qu'il estime déjà très élevés.

Tant que les patrons n'auront pas été rassurés sur l'ensemble de ces sujets, on pourra toujours parler de croissance, s'interroger pour savoir s'il faut ou non revoir nos (faibles) prévisions, se demander comment nous pouvons relancer la machine... Mais on oubliera une chose essentielle : le premier moteur de notre développement, ce sont les entreprises et le moral de leurs dirigeants. C'est ce couple qui fabrique les points de PIB qui font de la France la cinquième puissance économique du monde. Ce sont eux qui produisent chaque jour notre croissance en décidant, ou non, d'investir, d'innover, de recruter... Prenons en soin !

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