"La croissance des logiciels open source viendra des entreprises"

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L’industrie des logiciels open source salue l’impulsion donnée par le gouvernement à leur secteur. Mais l’impact en serait modeste. Le principal moteur de développent résidant dans l’adoption des logiciels libres par les entreprises.

Tous les intégrateurs et éditeurs de logiciels Open Source saluent l’initiative du Premier Ministre. La circulaire, qu’il a adressée à l’ensemble des membres de son gouvernement, recommande le recours, dans leurs achats informatiques, à des logiciels open source. Mais pour Patrice Bertrand, directeur général de Smile, le premier intégrateur de logiciels open source en France, et Président du Conseil National du Logiciel Libre (CNLL), relativise la portée économique de cette démarche. "L’impact sera modeste, car elle se limite aux services de l’Etat, et ne concerne ni les collectivités locales, ni les entreprises publiques. Mais elle peut avoir un effet d’entrainement sur le secteur privé. La plus grand potentiel de développement des logiciels open source réside dans leur adoption par les entreprises."

Selon le cabinet Pierre Audoin Consultants, l’open source représente en France un marché de 2,5 milliards d’euros en 2011, soit 6% du marché total des logiciels et services. Et il connait une croissance de 30% par an. Le secteur emploie 30 000 personnes, dont 10% chez 300 PME spécialisées dans l’intégration et l’édition de logiciels libres et 90% chez les utilisateurs. Parmi les premiers acteurs figurent Smile, Alterway, Openwide, Linagora et AF83.

Le secteur public reste le premier utilisateur de logiciels open source avec, selon Patrice Bertrand, une pénétration de l’ordre de 30%. Mais il semble difficile d’aller beaucoup plus loin en raison de l’omniprésence des logiciels propriétaires, notamment ceux de Microsoft, dans les postes de travail et les applications bureautiques. D’autant que la circulaire du Premier ministre fixe une recommandation et non une obligation d’adoption de logiciels libres, comme c’est le cas par exemple en Italie. Dans les entreprises, la pénétration du logiciel libre est bien plus faible et donc le potentiel d’utilisation plus important.

"Il faut considérer ce coup de puce comme une étape. Nous demandons au gouvernement d’aller plus loin en mettant en place une véritable politique industrielle favorable au développement de l’Open Source, par les commandes publics, la fiscalité, l’enseignement, le soutien à la R&D et le maintien du statut non brevetable du logiciel". Pour cela, Patrice Bertrand appelle de ses vœux la mise en place d’un Grenelle de l’Open Source.

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