La crise pèse toujours sur les délais de paiement en Europe
Par Barbara Leblanc - Publié le
Après deux années de crise, les entreprises parviennent peu à peu à retrouver les délais de paiement d’avant-crise, selon le cabinet Altares. Non sans difficultés.
Le retard moyen des entreprises européennes pour honorer leurs paiements est de 14 jours en 2010, selon une moyenne annuelle. Soit un léger mieux par rapport à 2009 (14,8 jours). Pour autant, les firmes continuent à avoir des difficultés et n’arrivent pas à payer au même rythme qu’en 2008. A l’époque, le délai de paiement était de 13,8 jours.

Pour expliquer cette tendance, Thierry Million, responsable des études chez Altares, explique que la pression est encore forte sur les relations interentreprises : « dans une phase de reprise, même molle, l’augmentation des ventes provoque une augmentation proportionnelle du besoin en fonds de roulement susceptible paradoxalement de fragiliser l’entreprise », assure-t-il.
L’Allemagne versus l’Espagne
Dans le détail, l’Allemagne reste le bon élève au sein des pays européens, avec seulement 8,4 jours de retard en moyenne et six entreprises sur dix qui payent en temps et en heure. A l’inverse, le Portugal et l’Espagne sont bon derniers avec respectivement 27,1 jours et 22 jours de retard. La crise en Espagne est l’un des facteurs explicatifs de ce retard. « Les entreprises espagnoles sont nombreuses à attendre encore 30 jours supplémentaires, voire davantage, avant de régler leurs factures », assure Altares.

12,2 jours en France
La situation de la France est particulière. En effet, le pays enregistrait pendant la crise des délais de paiement d’environ 12 jours. Mais en 2010, les entreprises ont tendance à prendre davantage de temps (12,2 jours) pour régler leurs factures. A cela s’ajoute le fait que seule une entreprise sur trois arrive à régler ses factures à temps.
Pour autant, la situation dans l’Hexagone n’inquiète pas le cabinet outre mesure : « la France peut se flatter de présenter un taux de retard de plus de 30 jours très faible », assure Altares.
Nouvelle directive
Altares tire un point positif de la crise. Selon le cabinet, elle a permis de remettre un focus sur les fondamentaux de gestion, au premier chef desquels la maîtrise de la trésorerie.
La crise a aussi permis à Bruxelles de mettre en place un système de lutte contre les retards de paiement. Le 24 janvier dernier, le Conseil de l’Union européenne a adopté la révision de la directive de 2000. Le texte prévoit la mise en place de standards de délais en Europe et des intérêts de retard imposés aux clients en cas de retard.
Bruxelles veut ainsi éviter que les retards pèsent sur les liquidités des entreprises et handicapent leur compétitivité. « Maîtriser sa trésorerie c’est se donner la possibilité de pouvoir effectuer rapidement les ajustements nécessaires en cas de difficulté et faire grandir son entreprise de façon pérenne », précise le cabinet.
Une mesure qui s’ajoute en France à la loi de modernisation de l’économie prévoyant des mesures de plafonnement des délais de paiement. Elles permettent de réduire à 49 jours les délais de paiement pour le crédit clients et à 56 jours pour le crédit fournisseurs.

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