La course aux datacenters s'intensifie aux Etats-Unis et en Europe
Par Rémy Maucourt - Publié le
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Après Apple, Amazon, Google, IBM, Microsoft ou encore Twitter, Facebook va accroître ses investissements dans ses propres centres d'hébergement. Le réseau social américain - qui s'apprête à lever le voile sur son grand projet « Titan », concurrent de Gmail – vient d'entreprendre la construction d'un datacenter dans l'Etat de Caroline du nord aux Etats-Unis.
« Avec le développement du cloud computing, et la croissance exponentielle du volume de données stockées, la plupart des grands acteurs de l'informatique veulent aujourd'hui maîtriser en propre leurs ressources informatiques », lance Emmanuelle Olivié-Paul, directrice associée du cabinet français Markess International, qui s'est entre autres spécialisé dans l'analyse des marchés de la dématérialisation et des services en ligne. « Pour eux, il s'agit de ne plus être tributaires de partenaires pour la gestion de ces ressources, qui sont coeur de métier », poursuit-elle, en signalant que « la maîtrise des infrastructures leur permet d'innover plus facilement » et « d'offrir aux utilisateurs des capacités calculatoires historiquement réservées au monde de la finance ».
Selon Sébastien Billard, consultant spécialisé en référencement naturel chez Relevant trafic, un « Google a par exemple besoin d'un très haut niveau de maîtrise de ses datacenters, pour lesquels il utilise son propre système d'exploitation et ses propres architectures distribuées, et ne peut pas se permettre d'avoir des baisses de performance ». Pour réduire les coûts de consommation énergétique des salles serveurs, le moteur, qui multiplie les implantations, « a aussi un intérêt bien compris à optimiser les infrastructures, en installant des panneaux solaires... »
Les datacenters prolifèrent
Aux Etats-Unis, les exemples de nouvelles constructions sont légion. Le site de « micro-blogging » Twitter, par exemple, a ouvert cet été son premier centre à Salt Lake City, avec l'ambition « de bénéficier d'une flexibilité accrue pour faire des ajustements d'infrastructure si besoin ». Yahoo a dans la foulée annoncé l'ouverture d'un « dacacenter » à la consommation énergétique optimisée à Lockport, dans l'État de New York (le portail s'appuie sur la puissance hydraulique des chutes du Niagara), et l'on sait qu'IBM et Apple investissent eux aussi dans la construction de grands centres d'hébergement en Caroline du nord. Un Etat où Facebook promet aujourd'hui d'investir 450 millions de dollars pour l'installation de son deuxième datacenter, qui ouvrira ses portes d'ici deux ans à Forest City, dans le comté de Rutherford.
En comparaison, l'Europe fait pâle figure, même si Microsoft et Google, entre autres, y installent leurs machines. Le premier a décidé fin 2009 d'investir 500 millions de dollars dans la construction d'un « mega data center » à Dublin, en Irlande, où il héberge ses services en ligne pour les particuliers et les entreprises (Microsoft Office 365). Le second a racheté en 2009 une ancienne papeterie située près des côtes finlandaises où il a installé un centre de données, entièrement refroidi par l'eau de la Baltique. Il a aussi inauguré en octobre 2010 un nouveau datacenter situé dans une zone industrielle de Saint-Ghislain, près de Mons, en Belgique. Un centre qui s'appuie sur une connexion en fibre optique et sur les eaux d'un canal situé à proximité (le canal Nimy-Blaton) pour le refroidissement des serveurs.
Sites industriels recherchés
Particulièrement recherchés pour ces nouvelles implantations, les sites industriels « sont souvent installés à proximité des trois composants clés pour un centre d'hébergement », souligne Emmanuelle Olivié-Paul : « le backbone télécoms (pour les connexions), l'électricité (pour l'alimentation), et l'eau (pour le refroidissement) ».
Ce n'est pas un hasard si, en Allemagne, le fournisseur d'accès internet 1&1 a choisi d'installer un important centre d'hébergement sur le site d'Hanau (une ancienne installation à combustible construite dans les années 1980) ou si Telehouse (filiale de l'opérateur japonais KDDI) a ouvert un « datacentre » de 15.000 mètres carrés sur « un ancien site à usage militaire » basé à Magny-Les-Hameaux en Ile-de-France. Lequel offre, d'après cet hébergeur, « des infrastructures [électriques et sécuritaires] capables de répondre efficacement à toutes les demandes des clients ». Les nouvelles usines numériques arrivent...
Christophe Dutheil

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