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La course à la taille relancée

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le

 

Henri-Dominique Petit, le PDG de Sperian Protection, leader mondial des EPI, revient sur la stratégie suivie pour renforcer ses positions sur le marché.

Le précédent record datait de 2001. Depuis le rapprochement des deux français Bacou et Dalloz et la naissance du leader mondial, rebaptisé récemment Sperian Protection, aucune opération d'envergure n'avait secoué le secteur des EPI. En déboursant 1,2 milliard de dollars pour Aero Technologies (508 millions de chiffre d'affaires en 2007), 3M a relancé la course à la taille dans un secteur encore animé par des acteurs souvent cantonnés à un segment de marché. Aero Technologies et ses marques E-A-R, Peltor, AOSafety, Safewaze, est un spécialiste de la protection auditive. 3M n'intervient que dans la protection respiratoire. Le géant mondial reste donc dans « la tête » tout en élargissant son offre. Une stratégie qui conforte Sperian Protection dans son choix de couvrir l'ensemble de la gamme des EPI sur le segment du moyen et haut de gamme. Le français, dont la rentabilité s'améliore depuis trois ans, devrait repartir à la chasse à la croissance externe. Henri-Dominique Petit, le PDG de Sperian Protection, revient sur le redressement du groupe.

Comment a évolué votre dispositif industriel ?

Le groupe compte aujourd'hui 31 sites de production contre 53 en 2001, dont deux grosses usines au Mexique et en Slovaquie. Nous avons également augmenté notre production dans les masques respiratoires grâce à un investissement de 9 millions d'euros. En 2007, 3 millions supplémentaires ont été consacrés à un site de combinaisons anticontaminations situé à Lozanne (Rhône). Nous avons inauguré au printemps une nouvelle ligne de production automatisée de gants isolants pour travaux électriques sur le site d'Autun (Saône-et-Loire) et doublé la taille du site. Enfin, des investissements ont été réalisés dans la fabrication de produits antichutes.

Que pèsent les marchés émergents dans votre activité ?

La Chine, la Russie, l'Inde, le Brésil commencent à s'éveiller à la sécurité. Les gouvernements de ces pays créent souvent leurs propres standards et n'hésitent pas à acquérir des équipements, parfois haut de gamme, pour les professions liées à la sécurité civile. Enfin, les grands groupes industriels veulent désormais les mêmes normes de sécurité dans toutes leurs usines du monde. Quand j'étais chez Kodak, l'une des premières choses que nous regardions dans les sites des pays émergents était les chiffres des accidents du travail. Les problèmes de sécurité se posent souvent différemment dans ces usines qu'en Europe ou qu'aux Etats-Unis. On y enseigne les règles de sécurité en même temps que le métier, ce qui modifie les comportements des salariés face aux EPI.

Avez-vous des concurrents dans ces pays ?

Ils sont nombreux ! Mais ils se consacrent souvent au bas ou moyen de gamme, ce qui nous conforte dans notre stratégie d'aller vers des produits sophistiqués. Notre taux d'innovation, qui correspond à nos ventes effectuées avec des produits commercialisés sur les deux dernières années et l'année en cours a d'ailleurs atteint cette année 20 %, contre 13 % en 2004. Nous avons aussi fait l'an dernier une acquisition au Brésil...

Avez-vous d'autres projets de croissance externe ?

Forte rentabilité

Le groupe Sperian Protection a réalisé :
- 737 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2006,
- 14,3% de marge opérationnelle en 2007,
- avec 6 000 collaborateurs.


Notre objectif est toujours d'atteindre le milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2009. Nous avons en interne une équipe dédiée à la croissance externe. Ces opportunités peuvent concerner un secteur, une technologie ou un marché géographique.

Comment expliquez-vous l'amélioration de la marge opérationnelle ?

Après notre fusion, notre niveau d'exécution n'était pas bon, notamment à cause de problèmes de logistique. Nos forces de vente ne pouvaient pas se concentrer sur le développement commercial. Aujourd'hui, notre niveau de service s'est amélioré, notre niveau de stock est en baisse et les usines tournent mieux. Nous avons aussi travaillé sur la fonction achat qui n'était pas développée dans la société, alors que nous vendons 25 % de produits que nous ne fabriquons pas.

Propos recueillis par S.A.

Publié la semaine du 17 au 23 janvier 2008

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