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La COP 22 et l'hypothèque Trump

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La COP 22 et l'hypothèque Trump © Pascal Guittet

Il n’a pas pointé une seule mèche de cheveu en terre marocaine, mais fut néanmoins l’invité surprise de la COP 22 qui s’est achevée le 18 novembre à Marrakech. À peine était-elle entamée que l’élection de Donald Trump, le 8 novembre, a jeté le trouble dans l’esprit des négociateurs des 197 parties, et pas seulement. Les vues climato-sceptiques du futur locataire de la Maison Blanche font craindre à certains une réaction en chaîne. Si les États-Unis sortaient de l’Accord de Paris ou choisissaient de facto de l’ignorer (ce qui revient au même), la Chine, premier émetteur mondial pourrait lever le pied sur ses engagements, puis pourquoi pas l’Inde. À eux seuls, ces trois pays pèsent la moitié des émissions mondiales de CO2 liées au secteur énergétique.

Fin de partie ! Nous n’en sommes pas là, même si en attendant, on peut, avec peu de doutes, passer par pertes et profits les 3 milliards de dollars promis par Barack Obama au Fonds vert des Nation unies. Pour le reste ? Marrakech qui assurait-on de Paris à Rabat en passant par Berlin ou Ouagadougou devait être une "COP de l’action" aura plutôt été en fait une rencontre de transition. En témoigne, la faible mobilisation des chefs d’État, une trentaine seulement avait fait le déplacement. Hormis François Hollande ou Mariano Rajoy, la plupart venait du continent africain. Un bon point pour le roi Mohammed VI qui en a profité pour intensifier sa vibrionnante diplomatie continentale et organiser à Marrakech un sommet "Afrique", un signal moins bon pour la négociation. Coté financements, la promesse des 100 milliards de dollars par an en dons et prêts aux pays du Sud vers les énergies vertes et "l’adaptation", un véritable totem, ont été réaffirmées par les pays développés. Elle figure même en conclusion de la "Proclamation de Marrakech", le document politique final. Le texte a beau appeler à un "engagement politique maximal" de toutes les parties, la feuille de route claire réclamée notamment par la France et le Maroc n’aura pas été écrite à Marrakech. Les pays du Sud, restent aussi sur leur faim concernant le financement de l’adaptation, point nodal pour les nations africaines notamment, même si de ce côté, on se dirige vers un doublement des promesses, à 20 milliards de dollars par an. Les initiatives sur l’agriculture africaine, se sont, quant à elles, un peu ensablées. Les optimistes retiendront que les parties ciblent désormais l’année 2018 comme étant celle où les mécanismes de l’Accord de Paris (2020 en droit) seraient opérationnels. Mais nous n’en sommes pas là. Quant à Donald Trump, ironie de l’histoire, Washington a dévoilé pendant la COP 22 un plan prévoyant une réduction drastique des émissions américaines de 80% en 2050 comparée à 2005. Le testament de l’administration Obama.

Pierre-Olivier Rouaud

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