La consommation subit la fin de la prime à la casse
Le 23 février 2010 par Christophe BysEn janvier, la consommation de produits manufacturés a reculé sensiblement. Les achats d’automobiles se sont effondrés de 16,7 %. La consommation des ménages risque de marquer le pas, handicapée par le possible recul du pouvoir d’achat. Une situation à surveiller car la consommation reste le moteur de l’économie française.
C’est une chute brutale que connaît la consommation en biens manufacturés des ménages français. En volume, elle a baissé de 2,7 % au mois de janvier. De quoi quasiment annuler la hausse observée au troisième trimestre révisée à 3,3 %. Un tel retournement s’explique par la baisse des achats d’automobiles qui baissent de 16,7 %.
La baisse progressive de la prime à la casse est passée par là. Surtout, comme les spécialistes le prévoyaient, conscients de la fin à venir de cette subvention à l’achat, les ménages ont anticipé leurs achats d’automobiles. D’où la hausse observée ces derniers mois : au dernier trimestre de 2009, les achats de voitures avaient progressé de 14,9 %.
En janvier, les prix à la consommation ont baissé de 0,2 % par rapport au mois de décembre. En un an, ils ont augmenté de 1,1 %. Dans son bulletin, l’Insee note que cette baisse temporaire est due à l’effet des soldes masquant la hausse des prix des produits alimentaires (+1 %) dus à l’hiver rigoureux, et celui des produits pétroliers (+4,4 % en janvier).Sur un an, les prix de l’énergie ont augmenté de 6 %. Quant aux prix des services, ils sont globalement stables.
Hors automobile, les dépenses des ménages augmentent, dynamisées par la période des soldes d’hiver. Ainsi, les dépenses en équipement de logement ont progressé de 1,3 % en janvier. Idem pour le textile cuir habillement en hausse de 1,6 %. Même tendance pour l’horlogerie, tandis que la presse et l’édition.
Quelle croissance pour 2010 ?
La disparition annoncée de la prime à la casse automobile aura des répercussions macro économiques. Les résultats de janvier laissent penser que la croissance du PIB de 0,6 % au quatrième semestre ne signalait pas tant une reprise de la demande intérieure que les derniers effets de la prime à la casse.
L’avenir de la croissance en 2010 restera très dépendante de l’évolution de la consommation intérieure. Or, l’évolution à venir du chômage devrait peser sur les dépenses des ménages. D’autant que la hausse des prix (voir encadré) pourrait éroder le pouvoir d’achat des ménages. Cela concerne aussi bien les personnes sans emploi que celles en poste, les hausses de salaires n’étant pas à l’ordre du jour. Toute augmentation de l’inflation aussi faible soit elle pourrait réduire automatiquement le pouvoir d’achat des ménages.
Ainsi, Alexandre Law, chef économiste de Xerfi considère : « le moteur traditionnel de notre croissance est aujourd’hui en grand danger. Bref, si la récession n’est presque plus aujourd’hui qu’un lointain souvenir de crise, la crise, elle, est partie pour durer ». Pour preuve, sur un an, la progression des dépenses de consommation a augmenté de 1,5 %.
Christophe Bys
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